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  • Sylvain Lupari

REMOTE VISION: The World of Similitudes (2019) (FR)

Updated: Feb 22

Voici un album ambiant plein de nuances et de légers rebonds dans ses multiples lignes de sommeil qui obligent notre ouïe à saisir toutes les nuances

1 The Infinite Airs 6:20 2 In the Light of the Elder 12:00 3 A Tranquility of Many Balances 7:00 4 One Step Beyond Logic 7:01 5 To See Time Become Space 13:37 6 The World of Similitudes 8:00 Remote Vision Music

(CD/DDL 53:59) (Ambient Music, Pacific School)

THE WORLD OF SIMILITUDES porte admirablement son titre avec une suite de symphonie tonale qui est au service des sens. Rien ne se perd et rien ne se crée; tout se transforme dans cet album où la finale explique le commencement. Plus libérée que dans Into Light, la musique ose des virages audacieux avec des textures organiques qui fusionnent avec des barrages de réverbérations toujours très nuancées dans cet album où le tiède et le chaud donne naissance à des filaments mélodieux figés entre des strates de vrombissements. Ce faisant Don C Tyler tisse un album plein de mystères dans un détail sonore toujours très précis et stylisé de la maison Synphaera et de son label Exosphere.

Le tout débute avec un petit joyau en The Infinite Airs et ses sabots de bois qui sautillent en clopinant dans un tapis de brume. Des filets harmoniques du Moyen-Orient tentent de percer ce dense voile de brume, mais ce qui captive l'ouïe est cette danse aérienne des sabots en bois. Le décor a beau accroché des zests d'intensité à nos oreilles, ce sont toujours ces coups de claquettes dansant inopinément qui retient toute mon attention. J'entends bien ces gaz d'éther roupiller sur le plancher du rythme, mais ce sont…Enfin, vous savez quoi! Ce n'est que lorsqu'ils se sont tus, que nous découvrons le décor sonique de The Infinite Airs. Mais déjà, on veut réentendre cette danse informelle des sabots de bois. L'ombre est trop forte pour In the Light of the Elder qui devient est le premier d'une suite de titres très tranquille de THE WORLD OF SIMILITUDES. Le paysage sonore est linéaire avec une masse de vents soufflée entre des textures sonores contrastantes dans une longue tirade tonale, où rodent certains filaments plus translucides qui remplissent les ambiances. C'est plutôt atone, mis à part quelques vagues astrales qui font augmenter le niveau d'intensité, dans une mosaïque sans battements, ni chaleurs mélodiques. Au final, les contrastes forcent seulement une symphonie de brises, aux couleurs légèrement variables, à souffler sur une terre déserte. Cette approche austère se répercute sur les bourdonnements qui ouvrent les frontières de A Tranquility of Many Balances. Des tonnerres se font entendre dans cette masse de vents astraux qui cachent de belles tonalités organiques. Une intensité se forme entre le fusion de ces deux entités et cela nous emmène vers une douce approche onirique avec un chant flûté sur un lit de réverbérations. Les tonnerres et les réverbérations constituent le décor tapageur de cette mélodie séraphique. Un cornet de bourdonnements et de vibrations tonales ouvre les mystères de One Step Beyond Logic. Malgré leurs teintes de réverbérations quasiment plus musicales que sinistres, ces chants ocrés jettent une encre tonale qui se transforme en murmures séraphiques dans un univers parsemé d'explosions feutrées. To See Time Become Space est un titre plus musical avec de belles tonalités organiques qui sillonnent un univers cosmique. C'est possible… La lenteur du mouvement et l'intensité dans le déploiement de ses nappes astrales offrent une solide première partie alors que les brises caverneuses qui naissent après les 7 minutes sont de purs repaires pour développer le goût de la musique méditative. La pièce-titre est un oasis de sérénité avec une pléthore de brises séraphiques dont les lentes ondulations sont comme une copulation de tons dans un univers d'éther. Le chant de ses ébats coule doucement entre des phases linéaires lorsque nos oreilles croisent une masse de réverbérations sinueuses qui sortent des éléments percussifs d'une léthargie entreprise depuis la fin de The Infinite Airs. THE WORLD OF SIMILITUDES de Remote Vision est un album que l'on doit entendre avant de le confiner à un album de nuit. Toujours très belle, la musique est pleine de nuances et de légers rebondissements dans ces multiples lignes dormantes qui forcent ainsi notre ouïe à en saisir tous les détails. Un album de musique ambiante qui rejoint ce mouvement de la Pacific School et qui se démarque dans ce genre en le démocratisant pour la rendre encore plus mélodieuse, même avec des textures un peu plus près du psybient. Définitivement, j'aime bien les albums que j'ai entendu de la maison Synphaera! Sylvain Lupari (12/04/19) ***½**

SynthSequences.com

Disponible au Synphaera's Patreon

© 2019 by Alexandre Corbin for Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari

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