• Sylvain Lupari

SYNTH REPLICANTS: The Umbrella Man (2022) (FR)

De la bonne MÉ accrocheuse et mélodieuse bien faite sans tuer la véritable âme de l'art

1 An Odyssey Against Time 8:32

2 Seven Love Letters 5:54

3 The Umbrella Man 3:22

4 Stuck in an Endless Dream 5:09

5 The Gate of Earth 8:08

6 Light as Air 8:00

Synth Replicants Music

(DDL 39:06)

(E-Rock, New Berlin School)

J'avais passablement été très séduit par la structure des compositions de Synth Replicants sur l'album Time Walker. Per Thomhav avait réussi à capturer l'essentiel de ses rythmes et de ses mélodies sur de courts titres qui oscillaient entre les 4 et 7 minutes, rappelant l'univers des trames sonores de Tangerine Dream et des album-phares tel que Le Parc et Exit. Sans nécessairement avoir cette même facture musicale, THE UMBRELLA MANest aussi beau dans un style où le caractère mélodieux et entraînant de la musique électronique (MÉ) ne se fait pas au détriment d'une facile accessibilité qui en réduit la profondeur de l'art. Offert uniquement en version téléchargement, THE UMBRELLA MAN est avant-tout une étonnante photographie de Evgeni Tcherksski, I'm singing in the rain, qui inspire l'univers du musicien Danois depuis son premier album Concerts in Cyberspace en 2019. Et pour Per Thomhav, il était juste temps que ce personnage ait son propre album, THE UMBRELLA MAN.

Les premiers tintements de An Odyssey Against Time séduisent d'emblée. Ils forment un essaim de séquences et d'arpèges qui tintent en virevoltant dans l'œil d'un cyclone imaginaire. Le synthé égare des gémissements nostalgiques dont le timbre dramatique soupire entre ces sons imitant les passages accélérés des chutes de débris du Cosmos et autres effets d'un univers cinématographique du duo Allemand Weisser/Mergener, tandis qu'une nappe de basse étend son épais manteau assourdissant. La première modulation de cette basse se produit autour des 90 secondes, initiant un rythme flottant et ce superbe chant du mellotron. La mélodie flûtée, le timbre cosmique et ce rythme retenu n'est pas sans rappeler l'unique dimension de Software dans l'intemporel album Electronic Universe. Des tapements, sonnant comme des pas faisant du rodéo, accentuent légèrement une cadence prisonnière de ce carrousel statique des arpèges et séquences qui n'a jamais cessé son opération charme depuis l'ouverture de An Odyssey Against Time. Il faut entendre les nuances entre ces multiples scintillements et ces claquements d'un rythme sans élans particuliers, si ce n'est que ces poussées d'accords graves et résonnants qui en nourrissent son aspect dramatique, pour comprendre ce début d'ensorcèlement qui nous lie à THE UMBRELLA MAN. Parce que la suite est aussi bonne! Des gouttes de sons crépitant sur la peau du parapluie initie le bon rock électronique Seven Love Letters. Même à demi-rythme, son ouverture resplendit avec de solides battements pulsatoires sous une brume acrylique bleuâtre d'un synthé qui ne ménage aucun effets, incluant le mouvement robotique d'un cyborg amphibien. Les premiers parfums tonals de Tangerine Dream se font entendre ici, dans les riffs de clavier, et de plus en plus lorsque le rythme prend son envol en imitant ces milliers de billes qui s'entrechoquent sur un convoyeur. Comme à la bonne époque de Chris Franke dans Poland! De semi-animé à très animé, le titre utilise ses 6 minutes avec un jeu de percussions dont les frappes de plus en plus dynamiques dansent avec les pépiements des arpèges sous une tentative d'emprise de nappes de synthé chloroformiques. Un excellent rock électronique très endiablé dont l'élan se poursuit au-delà de ces ondes de synthé apocalyptiques à la Vangelis qui ornent l'ouverture de la pièce-titre. Plus orchestral et plus théâtral, The Umbrella Man étreint les illusions perdues des synthpop de Ultravox.

Je faisais référence à Software dans An Odyssey Against Time et la masse de sons et d'effets sonores qui embue l'introduction de Stuck in an Endless Dream nous plonge dans ces ambiances où la nouvelle technologie des équipements MIDI de l'époque flirtaient avec une réalité sonore qui restait collée sur l'analogue, notamment ces chants de flûte séraphique. Dans une intense enveloppe aussi atmosphérique que cinématographique, Stuck in an Endless Dream puise son énergie dans une impressionnant banque de sons. Plus long titre de ce nouvel album de SR, The Gate of Earth débute avec des nappes de violons flottant dans une vision cinématographique avant de découdre un bon rythme aux pulsations pour headbangers et aux saccades circulaires finement stroboscopiques. Dans une combinaison musicale et mélodieuse, la structure de The Gate of Earth multiplie ses arrangements orchestraux sur les délicates nuances d'un rythme où on peut sautiller en tournoyant sur un fil spasmodique. Des particules cosmiques, des soupirs de synthé et des accords de guitare résonnant comme des riffs ornent la tranquille ouverture de Light as Air. Ces accords projettent une subtile ombre d'écho dans un panorama sonore qui se développe tranquillement pour atteindre une intéressante vélocité, laissant ainsi le temps pour que ce titre qui clôture THE UMBRELLA MAN développe autant sa vision harmonique qu'atmosphérique. Au final, c'est un titre intense avec une force dans les riffs qui atteint ce seuil où les émotions fleurissent avec l'intensité projetée par Synth Replicants qui propose ici rien de moins qu'une MÉ au diapason de son iconique album-téléchargement Time Walker.

Sylvain Lupari (23/04/22) *****

SynthSequences.com

Disponible au Synth Replicants Bandcamp

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