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  • Writer's pictureSylvain Lupari

Thaneco Structures on Mars (2023) (FR)

Un solide album de style Berlin School que les fans vont dévorerer les oreilles grandes ouvertes

1 Geometric Patterns in Utopia Planitia 9:46

2 The Face of Cydonia 8:03

3 Ruins of Valles Marineris 6:10

4 East of Euripus Mons 8:47

5 Strange Objects on Tader Valles 6:53

6 West of Bianchini 8:56

7 Discoveries on Argyre 6:46

8 Discs of Pyramus Fossae 9:08

9 The Chronius Mons Relics 9:30

(CD-(R) HQ/DDL 74:05) (V.F.)

(Berlin School)

J'aime ça! On lit le titre, on regarde la pochette et on a exactement le style de musique électronique (EM) qu'on anticipe. Du très bon Berlin School pas toujours conçu dans la facilité. Et des rythmes fait pour faire danser nos idées et non nos jambes, quoique parfois…. Des solos de synthé. Beaucoup de solos de synthé qui découpent les étonnants panoramas d'un univers à portée d'imagination et les rythmes, parfois alambiqués, des 9 titres qui composent STRUCTURES ON MARS, le dernier effort de Thaneco, son 4ième sur SynGate qui le propose en format téléchargeable et en CD-(r) HQ. Nous sommes dans les prémices du style Berliner avec de longs titres, entrecoupés par des phases atmosphériques plus ou moins courtes, où les rythmes décrivent leurs différences sur de belles modulations et des effets élastiques, créant cet effet d'écho qui amplifie le dynamisme des différentes orientations rythmiques de l'album. Nous sommes sur Mars, et les structures des synthés nous le rappellent en sculptant des panoramas où le fil de notre imagination se connecte facilement à celui de Thanos Oikonomopoulos. Bref, STRUCTURES ON MARS est ce genre d'album qui plaît à la première écoute et qui séduit encore plus aux écoutes subséquentes. Signe d’un très bon album que les amateurs du genre Berlin School dévoreront les oreilles grandes ouvertes.

Une nuée d'ions sauteurs, papillonnant vivement, s'extirpe de cette nappe de voix brumeuses qui flottille doucement dans l'ouverture de Geometric Patterns in Utopia Planitia. Le mouvement de rythme enclenche une vitesse supérieure, traçant une tangente ondulatoire qui stagne en suspension, préférant la violence de son impact à un effet plus entraînant. Il emprunte une forme ascendante qui se chamaille avec un effet de fronde dont les rotations élastiques et gargouillantes jouent sur des modulations finement conçues par le musicien-synthésiste Grec. Ainsi, le rythme atténue la portée de ses boucles spiralées, la vitesse de ses ascensions et la puissance du séquenceur dans une structure en constant mouvement. Tant au niveau de son rythme que son décor. Une course contre la montre dans un univers dystopique! C'est la plus belle vision qui me vient à l'esprit afin de décrire The Face of Cydonia. Le débit est sec, quasiment spasmodique, avec un oblong mouvement circulaire imparfait. Son décor rassemble des belles idées entendues dans le répertoire de Vangelis; comme ces explosions feutrées, ces chœurs grégoriens autant portés par l'espoir que son contraire et ces solos de synthé qui flirtent entre l'harmonie et la dissonance de ses volutes acrobatiques. Ruins of Valles Marineris est un titre plus atmosphérique que rythmique rempli par des effets de nébulosité astrale. Ce titre s'identifie beaucoup à l'histoire de l'album avec un synthé créatif au niveau des effets et de ses accords qui sont enrobés d'une texture de grésillement tellurique. Les orchestrations sont lunaires avec des mouvements de valse à moitié complétés. Des arpèges cadencés éparpillent des idées de rythmes inachevés sur une structure de rythme latinos, genre Oye Cosmo Va de Baffo Banfi. Après une introduction typique au genre, East of Euripus Mons se met en marche avec un bon Berlin School structuré sur un mouvement pulsatoire du séquenceur. Le débit est plutôt entrainant, et pour les pieds et pour les neurones, empruntant la forme d'une spirale ascensionnelle. Le synthé multiplie les solos harmonieux, comme ces bancs de brume nébuleuse et quelques chœurs absents qui fredonnent ici et là. Le rythme accélère sa course pour offrir une structure zigzagante. Très bon!

Et si vous raffolez des solos de synthé, un titre comme West of Bianchini, qui propose un bon Berlin School sur un rythme élastique modéré, en est rempli. Les solos de synthé sont mélodieux et créatifs, comme dans The Face of Cydonia. Idem pour Discoveries on Argyre qui propose un Berlin School circulaire et sautillant dans de bonnes nappes de brume chloroformique. La magie de la fusion séquenceur et du mellotron me ramène à l'époque de Pinnacles et Stuntman du regretté Edgar Froese. Puisant sa source rythmique dans une ouverture nourrie de réverbérations et de bourrasques bourdonnantes, le rythme de Strange Objects on Tader Valles est dans un modèle Berliner mais moins dynamique que celui dans East of Euripus Mons. Le séquenceur délie une ligne de rythme plus pulsatoire avec des ions sauteurs qui bondissent en alternance avec des arpèges cadencés qui sont un brin cristallins. Le rythme joue sur les modulations apportées par Thaneco dans un panorama où le synthé multiplie les nappes de brume chloroformique, les effets zigzagants des réverbérations et les effets électroniques plus organiques. Discs of Pyramus Fossae va doit au rythme dans une ouverture qui se colle à la finale de Discoveries on Argyre. Son rythme bondissant est structuré sur le contraste des couleurs rythmiques du séquenceur. L'effet caoutchouteux qui fait retentir cette couleur tonale amplifie l'effet statique de ce titre où le synthé invente des solos qui roucoulent sur les couleurs ocrés de Mars. Le titre plonge dans un long état atmosphérique rempli par un langage cybernétique avant de reprendre son élan original. The Chronius Mons Relics termine STRUCTURES ON MARS sur une structure de rythme, à tout le moins sa première partie, qui se colle à celle de Ruins of Valles Marineris. La musique met plus l'emphase sur un langage électronique cadencé qui est en symbiose avec les sauts quasiment chaotiques des basses séquences rondes et juteuses. La dernière partie du titre vit sur des phases de rythme et de non-rythme où les synthés dominent les ambiances. Encore ici, les fragrances musicales et sonores me procurent cette irrésistible envie d'entendre à nouveau Ma, Dolce Vita de Baffo Banfi, un des nombreux classiques de la MÉ vintage.

Avec ses beaux clins d'œil aux architectes musicaux de la MÉ des années 70, STRUCTURES ON MARS est un très bon album que Thaneco propose aux aficionados du genre Berlin School. La touche cosmique et progressive de l'album ajoute à sa dimension de charmes qui se découvre toujours un peu plus à chaque écoute. Et comme je disais en entrée de jeu; on le dévore les oreilles grandes ouvertes!

Sylvain Lupari (24/05/23) ****½*

Disponible au SynGate Bandcamp

(NB: Les textes en bleu sont des liens sur lesquels vous pouvez cliquer)

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