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  • Writer's pictureSylvain Lupari

Tone Science Module No.7 Cause and Effect (2023) (FR)

C'est le volume le plus accessible de cette étonnante série qui présente ici du gros Berlin School dans une toujours fascinante faune sonore

1 Abalone Vortex (Andrea Cichecki) 7:38

2 Tempestarius (Chris Meyer) 7:30

3 Dim Rill (Rodent) 5:14

4 Flutter (Dark Sparkler) 6:44

5 Of Ash and Sorrow (Blakmoth) 6:30

6 Pareidolia (Brendan Pollard) 8:23

7 Hecataea (Andrew Ostler) 7:22

8 A Hopeless Momentum (James Cigler) 8:29

9 Near Earth (Jon Palmer) 6:39

(CD/DDL 64:51)

(Dark Ambient & Berlin School)

Des pads de synthé tombant comme des soupirs, des cliquetis feutrés et cadencés d'une sorte de caisse enregistreuse et une onde de basse pulsations. Voilà des ingrédients hétéroclites qui composent l'ouverture de Abalone Vortex. Et vaut mieux s'y faire puisqu'en acceptant de déballer la faune sonore de CAUSE AND EFFECT, on accepte aussi de se laisser submerger par un éventail de sons constitué des milles possibilités engendrées par le magique univers des synthés modulaires. La créativité au service de nos oreilles! C'est la seule phrase, logique et pleine de véracité, qui me vient à l'esprit pour introduire ma chronique sur cette autre fascinante compilation Tone Science Module du label Anglais DiN. CAUSE AND EFFECT est le 7ième volume de ce projet mis de l'avant suite à l'album Tone Science de Ian Boddy en 2016. Comme les autres parutions de cette série, l'album propose une panoplie de noms qui sont pour la plupart inconnus du grand public, à l'exception de Brendan Pollard et peut-être de Andrew Ostler. Ces artistes sont pourtant très actifs sur You Tube, Facebook et Souncloud. Je vous invite d'ailleurs à laisser aller votre curiosité en visitant leurs pages et découvrir leur talent dans l'art des synthés modulaires. Pour ce qui est de l'ensemble des compositions offertes sur CAUSE AND EFFECT, la musique est plus accessible sur cette compilation et on y trouve beaucoup de phases de rythmes et de mélodies rythmiques qui flirtent avec le style Berlin School et même du Synthpop plus progressif, voire agressif, dans le genre England School.

Donc, Abalone Vortex se développe à partir de ces basse pulsations, des cognements sourds, qui éveillent une mélodie rythmique. La tonalité de arpèges dans cette mélodie cadencée tinte comme si Andrea Cichecki frappait délicatement une rangée de bouteilles vides qui sont placées en ordre zigzagant. Une autre série de pads de synthé collabore avec cette structure de rythme mélodieuse qui accélère toujours un peu plus son débit tout en flirtant maintenant avec l'univers d'Edgar Froese dans Stuntman. Disons que nos oreilles sont en mode séduction avec ce très bon titre qui démarre ce 7ième volet de Tone Science Module sur une belle note rythmique. Nous restons au pays des merveilles sonores avec Tempestarius du musicien-synthésiste Américain Chris Meyer. Le rythme est plus tempéré et la musique, sa sonorité, exploite un peu celle de Abalone Vortex, mais avec une essence plus orientale dû à la tonalité de Kyoto qui provient des arpèges rythmiques. Il y a une dualité entre le vintage et le contemporain dans ce titre animé d'un rythme plus céleste. Genre Kitaro des années Geffen Records. Autre artisan des synthés modulaires Américain, de la Caroline du Nord, Rodent nous entraîne dans les abysses de la musique électronique ambiante et ténébreuse avec Dim Rill. Nous sommes dans le genre cinématographique épeurant avec un synthé qui multiplie des ondes spectrales. Elles s'agglutinent en une masse compacte d'où émergent différents beuglements et lamentations fantomatiques. Des cliquetis, des pétillements de bulles électroniques et des cognements excitent l'ouïe sans pour autant créer une structure de rythme animée. Nous restons dans ce cœur de musique ambiante ténébreuse, le Dark Ambient, avec une composition de Dark Sparkler, autre créateur du pays de l'Oncle Sam, qui nous offre en Flutter une MÉ sombre remplie d'ombres radiantes et de bourdonnements radioactifs. Les modulations dans les nappes de synthé structurent une lente procession dont l'acoustique résonne et remplie nos tympans avec des illusions de cloches et leurs tintements qui semblent provenir des avens de la Terre. Les lamentations qui en lézardent sa dense muraille sonore constituent un élément mélodieux non négligeable. Au final, il s'agit d'un titre qui gagne à être écouté une couple de fois!

Blakmoth est un artiste très prolifique qui vient du Maryland, USA. Il propose un titre ambiant noir en Of Ash and Sorrow qui implose avec sa légion d'ondes réverbérantes. Notre bon ami Brendan Pollard nous fait vivre la quintessence du Berlin School avec l'excellent Pareidolia. Son ouverture est garnie d'effets des années vintage et de grondements atmosphériques qui ne sont pas sans rappeler l'époque de Klaus Schulze dans Body Love. Genre Stardancer en plus contemporain! La tempête sonique fait place à un rythme hypnotisant qui est lourd et lent, un peu comme une envahissante ombre vampirique, avec des pulsations résonnantes. Le séquenceur active un mouvement de rythme en parallèle, créant deux textures qui se rencontrent lorsque le séquenceur crée à nouveau une ligne de mélodie rythmique qui serpente le contour de notre ouïe, comme une magistrale caresse de rythme harmonique. Entre du Arc, du Andy Pickford et le style propre à Brendan Pollard, Pareidolia vogue allègrement entre le Berlin School et le Dark Ambient en évoluant sur les multilignes du séquenceur, dont de très entrainants effets de dribblage, combinant rythme pur et mélodique qui se complètent dans une lourde texture de musique ambiante ténébreuse. Un superbe titre qui précède le non moins splendide Hecataea de Andrew Ostler qui se développe sur un rythme pulsatoire de style Berlin School avec un séquenceur dont le débit vif et sec structure l'ascension d'un train rythmique. Le musicien-synthésiste de Edinburgh au Royaume-Uni module la variance de son rythme en atténuant sa vélocité ascensionnelle par moments et en saupoudrant son rythme saccadé de belles complaintes, certaines ont une texture de mélodie sombre, de ses synthés. Un excellent titre qui mérite que nos oreilles s'attardent à l'univers de Ostler, notamment son album Crossing the Line dont il faudrait bien que je chronique un de ces 4…On reste dans le style Berlin School avec A Hopeless Momentum de James Cigler dont le style minimaliste me fait penser à Plastikman, surtout avec cet effet d'écho dans les variations des tintements percussifs et cet élan rythmique qui tourne au ralenti vers le dernier tiers du titre. A Hopeless Momentum propose ainsi de bons éléments de rythme qui complètent une bonne structure ascendante dont les séquences, avec une tonalité un brin métallique, sautillent sur un tapis de résonnances. Ces bonds élastiques font tinter divers carillons qui virevoltent sans entrain et donnent vie à des ondes de synthé qui s'effilochent en filaments torsadés. Un très bon titre qui devient obsédant à force de le réentendre! Sis sur des nappes de bourdonnements où les profondeurs océaniques rencontrent les pétillements d'une voie astrale, Near Earth de Jon Palmer clôture CAUSE AND EFFECT sur une note plus atmosphérique toujours attirée par les sphères des ténèbres.

Si Protons and Neutrons plaçait la barre haute en tant que MÉ avant-gardiste, ce CAUSE AND EFFECT ramène nos attentes vers un terrain plus familier en exploitant un peu plus la route des rythmes et des mélodies tout en proposant une MÉ qui demeure assez créative. Il y a de très belles surprises pour les amateurs de Berlin School dans ce 7ième épisode de Tone Science Module qui, contre toute attente, est le plus accessible de cette série proposée par le label Anglais DiN. Son attrait principal réside dans l'ordre des titres où nos oreilles rencontrent une musique électronique (MÉ) guidée par des rythmes mélodieux et un segment de musique plus atmosphérique qui flirte légèrement avec le genre ambiant ténébreux. Mais l'essence même de cette compilation se trouve en son cœur avec des artistes qui développent l'art des rythmes bizarroïdes et du bon Berlin School. Des éléments qui, dois-je admettre, sont des incitatifs à écouter de bout en bout, et à plusieurs reprises, les 9 chapitres de ce CAUSE AND EFFECT.

Sylvain Lupari (10/05/23) *****

Disponible chez DiN Records

(NB: Les textes en bleu sont des liens sur lesquels vous pouvez cliquer)

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