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  • Sylvain Lupari

VENJA: Galactic Underground Volume 2 (2020) (FR)

La vision film de Venja donne de la profondeur à cet album rempli de détails dans les ambiances de sorte que chaque titre est magnifiquement mis en musique

1 Out f Control 6:54

2 Darkness (Michael Stearns) 2:28

3 Daikanyama Part 1 (Nyoko Mizuki) 4:21

4 Daikanyama Part 2 (Nyoko Mizuki) 4:46

5 The Stars Are Better Off Without Us 6:55

6 The Lunar Colony 2:49

7 Annihilation 3:40

8 Glitched 3:01


9 Crossing Icy Moons (Michael Stearns) 5:41

10 Event Horizon 5:31

11 Awe 8:13 vidéo

12 Novae Terrae (Erik Wøllo) 7:46

13 Dimittere 7:14

Venja Music

(CD/DDL 69:24)

(Cinema & Dark Ambient)

On ne survit pas à un album aussi imposant que <GU> sans laisser des plumes quelque part. Et la meilleure façon d'y parvenir est de voyager sur de nouveaux horizons. Sans dire que Venja a fait un pied de nez à son dernier opus, il signe en GALACTIC UNDERGROUND Volume 2 une musique ayant une incroyable portée cinématographique à la Blade Runner. La tonalité est extrêmement puissante avec un volume à l'enregistrement très élevé par rapport à la moyenne, ayant ainsi un impact immédiat dans nos oreilles.

C'est dans une zone ambiante industrielle que Out f Control saisit nos oreilles. Une onde timorée venant de l'Ouest prend les allures d'une complainte dans un contexte de dévastation terrestre. L'onde multiplie un double. Ensembles, ils forment deux grandes ailes sans corps d'où s’élève une voix aérienne narrant ce que nos oreilles ont saisies. Des pulsations gorgées de percussions tombent avec une lourdeur néantisée. On dirait que chaque coup propulse des ondes réverbérantes et des spirales synthétisées dans une lourde ambiance de fin du monde. Darkness suit avec la même vision. Explosions et ondes de synthé flottantes servent de décor pour le poème, récité par Michael Stearns, Darkness de Lord Byron. La portion Daikanyama s'est farouchement opposé à tout le respect que j'ai à propos des œuvres de Johan Geens. La musique est très belle avec une ombre sombre flottant dans une Voie Lactée que des étoiles et particules cosmiques traversent. Le problème est la voix de Nyoko Mizuki. Si jolie au début, elle s'enfonce dans une zone de distorsions qui agace. La musique? Inspirée par ce méga projet Japonais après le terrible tremblement de terre de 1924, le Great Kanto, de reconstruire une ville d'appartements dans une ville, elle s'envole en multipliant des ondes réverbérantes qui se transforment en spirales. Se propulsant avec de cliquetis métalliques, ces gros kaléidoscopes vont et viennent, montent et descendent, comme des ailes destructrices avec de plus en plus d'insistance. Surtout lorsque ce tandem percussions-pulsations active la vélocité de ce rythme ambiant propulsé par cet échange ondes et spirales des synthés. Donc, sans rythme transporteur de fièvre et figé dans un décor de science-fiction, Daikanyama Part 1 est aussi hypnotique que son fuseau minimaliste. La musique, et ses grandes spirales d'une machine à aspirer le temps, accentue sa présence dans une phase cacophonique déjantée sur Daikanyama Part 2. Une cacophonie qui retrouve vite ses sens dans un grand moment assez intense qui crache de la très bonne musique ambiante remplie de volutes intimidantes qui montent et redescendent, accentuant toujours leurs menaces, avant de refroidir sa puissance d'aspiration dans une finale ambiante. On oublie assez vite la voix hors-champs de Nyoko Mizuki. On peut voir une vidéo de ce titre sur le site Bandcamp de Venja. Lorsque je parle de puissance sonore, The Stars Are Better Off Without Us est un bel exemple. Titre animé par des implosions de synthé tributaires d'une faune organique, ses grandes ailes nous recouvrent d'une présence ténébreuse à faire pâlir les premières étreintes chthoniennes de la MÉ des années 70. Un titre ayant une forte présence en décibels, The Stars Are Better Off Without Us est fortement influencé par le Pacific School de Steve Roach, section Immersion.

The Lunar Colony est le penchant mexicain de Darkness. Sa dernière explosion le conduit aux portes de Annihilation qui n'a pas besoin d'explications. La musique ambiante est sombre, et entraîne un nuage de particules (radioactives?) dans un intense poussée atmosphériques qui correspond à la définition de son titre. On entend des voix espagnoles dans ce gros nuage pas rassurant pour deux sous! Accentuant de plus en plus cette perception de musique de films de science-fiction sur la destruction de notre planète, Glitched tente d'établir un dialogue avec une race inconnue au travers de larges boucles d'oscillations et de réverbérations glauques. Sancho, va chercher le fusil! Si vous avez l'impression d'entendre une section de Chronos avec Crossing Icy Moons, dites-vous que c'est normal puisque Michael Stearns utilise son méga The Beam et autres synthés sur ce titre cosmique-ambiant où nous dérivons comme des âmes dans une finale animée par des percussions et tam-tams aborigènes. Intense avec ce noyau de bourdonnements résonnants qui vont et viennent dans une structure pour hypnotiser les derniers éléphants, Event Horizon en impose avec sa lourde présence ambiante. Une lourdeur atmosphérique laissant filer une ligne translucide qui fera contraste tout au long de ses 5 minutes et plus. Les oreilles bourdonnent encore lorsque Event Horizon se réfugie dans une longue phase de quiétude. Tant qu'on pense que c'est un autre titre qui joue! Awe est un joyau! Nous arrivons au pinacle de GALACTIC UNDERGROUND Volume 2 avec ce superbe titre ambiant et ces ondes chaleureuses qui flottent en banc sur une lointaine faune organique. Le séquenceur active une phase de rythme qui se dandine et sautille d'un pas à l'autre et d'une oreille à l'autre, modifiant la nature des ondes qui s'étendent comme des nappes entourant cette magnifique chorégraphie du séquenceur. C'est une sorte de croisement entre les sessions de rythmes de Richard Pinhas, dans sa phase East/West à L'Éthique, et les grosses ouates flottantes et endormitoires de Steve Roach. On ajoute du Erik Wollo dedans, et ça donne ce merveilleux Awe. Tant, que je croyais que c'était le titre fait en compagnie d'Erik Wollo. Mais non, Novae Terrae est ce titre! Il épouse quelque peu la même structure, mais passe par un scintillant ruisseau d'arpèges limpides qui imite la fluidité d'un séquenceur alors que la guitare troque son côté acoustique pour de beaux solos aussi lumineux que ce chatoyant chant du ruisseau. Si on se rappelle-bien, <GU> proposait un titre-bonus si on choisissait l'option téléchargement. C'est aussi le cas avec Dimittere, un titre serein qui suit la chemin tracé par Awe. Ici, ce sont des accords de guitares qui roulent en boucles et chantant en symbiose avec ces volutes hypnotiques qui ont dominé les charmes d'un album aussi puissant, je dirais même plus, que <GU>.

Superbe du début à la fin, même avec la voix de Nyoko Mizuki que j'ai appris à apprécier après quelques écoutes, GALACTIC UNDERGROUND Volume 2 est un digne successeur à <GU>. La vision cinématographique de Venja donne une profondeur à cet album dont la vision de désastre planétaire est plus que détaillée dans des ambiances qui correspondent à chaque titre de cette histoire magnifiquement mise en musique. Disponible en téléchargement HQ, Venja à fait faire un nombre limité de CD manufacturé qui vient dans une autre belle pochette digipack à six panneaux contenant les informations relatifs à l'album. Un excellent qui ne demande pas trop effort pour séduire!

Sylvain Lupari (22/05/20) *****

SynthSequences.com

Disponible chez Venja Music

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© 2019 by Alexandre Corbin for Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari

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