• Sylvain Lupari

WAVESTAR II: Two (2021) (FR)

Un album fascinant qui n'est effectivement pas ce à quoi nous nous attendions

1 Pauper's Ransom 11:25

2 A Gesture 7:02

3 The Hurting 4:13

4 Visionary 9:13

5 Another Country 4:09

6 Bloodline 8:03

7 Throne 6:35

8 Second Arrow 9:24

9 Paragon 10:38

Soddett Hall – SH004

(CD 70:58)

(Rock & Folk EM)

Attendez-vous à l'inattendu! Lourde de sens, cette phrase rend plus que suspecte l'achat et la découverte de TWO. Mais je vous rassure tout de go; l'inattendu n'est pas vraiment loin des racines de John Dyson et de ses nouveaux compagnons, Stephan Whitlan et Paul Ward qui forment le second épisode de Wavestar; Wavestar II. L'album est cousu dans une vision plus ambiante que vivante avec une énorme place pour les synthés qui exploitent leur propre identité sonore dans une musique qui flirte beaucoup avec un genre celtique électronique. Et Pauper's Ransom nous rassure immédiatement avec une ouverture de brume qui laisse entendre des chants de synthé aux apparences trompeuses. Les chants sont tendres et mélancoliques avec une tonalité légèrement acuité. Spasmodique, une première amorce rythmique plonge le titre dans un débit statique avec ce synthé aux chants mélodieux qui font danser les arpèges flottant tout autour d'eux. Doucereuse et faisant rêver, cette première partie de Pauper's Ransom fait place à un rock électronique plus progressif une dizaine de secondes après la 6ième minute. Les chants des synthés, chacun ayant sa propre identité sonore, dominent cette structure de rock scandé par de bonnes percussions, bien gérées par Paul Ward, qui structurent un rock entraînant. Un gros titre pour les amateurs de solos et de mélodies de synthés interprétés par John Dyson et Stephan Whitlan. Ces synthés roucoulent en ouverture de A Gesture qui emprunte une teinte vaporeuse à la Tangerine Dream des années Legend. Le rythme ambient s'articule sur deux lignes entrecroisées du séquenceur, dont une plus mélodieuse, alors que des pads de brume amplifient l'influence du Dream sur ce titre qui se conclut avec des solos de synthé. Le ton change avec l'arrivée de The Hurting, une mélodie avec une teinte nostalgique poussée par un synthé et possiblement un mellotron. C'est très beau, tendre et émouvant. Quoiqu'un brin mystérieux, Visionary est un peu dans le même moule que A Gesture avec des arpèges séquencés qui exploitent une teinte harmonieuse à la Halloween de John Carpenter. Le rythme reste ainsi plus harmonique qu'entraînant avec une vision atmosphérique qui sied bien aux nombreux solos de synthés qui aiment exploiter leur propre tonalité. Another Country amplifie cette essence bucolique qui ressort de plus en plus au fil de la découverte de TWO. Exploitant une texture émouvante comme celle de The Hurting, la musique coule sous les accords d'une belle guitare acoustique qui ne rate pas son rendez-vous avec un piano délicat.

Paisible et émouvant, Bloodline poursuit dans cette veine de musique ambiante celtique, quasiment spirituelle, avec une délicatesse qui se traduit par des nappes de brume s'amoncelant en une procession funéraire poussée délicatement par une ligne de basse pacifique. Il n'y a pas de débit, mais beaucoup de sensibilité et d'émotivité accentuée par ces nappes de voix séraphiques et ces airs de trompettistes qui vont et viennent tourmenter une âme en quête de réponses. C'est aussi avec des nappes de brume inondant un sol en formation que Throne débarque dans nos oreilles. De cette brume musicale naît un mouvement de rythme circulaire structuré par un séquenceur où se colle aussi une autre ligne d'arpèges scintillant afin de donner plus de profondeur à cette seconde approche rythmique de TWO. Une bonne ligne de basse établit le lien vers des percussions dont les frappes incertaines privilégient un chant sobre du synthé. Ces chants roucoulent avec une vision mélodieuse alors que des riffs de clavier tombent en symbiose avec les percussions. Nous arrivons à Second Arrow et ce titre est celui qui m'a amené à décrire l'essence de cet album comme étant de la musique celtique électronique. La structure est très cinématographique avec son lit d'orchestrations berçant la musique en staccato légers et à peine saccadé. Le choix des instruments; flûte, clavecin, violon et chorale monastérielle irlandaise s'échangent les rôles de mélodies bucoliques. Un très beau titre avec une finale plus intense et dont la texture me ramène à du Mike Oldfield mélangé à du Vangelis. L'ouverture de Paragon met en vedette John Dyson à la guitare, et il est gtrès bon! Sa guitare étend songes et solos, un peu tirée vers le blues, sur une couverture de brume et parfois d'orchestrations. Le mouvement ambiant s'illumine en seconde moitié de la 3ième minute, créant une ballade qui coule vers une ligne de basse pensive. Le synthé en profite pour étirer ses solos comme le chant d'une guitare jouée par le célèbre guitariste anglais Gordon Giltrap. La guitare est mélancolique dans un fascinant duel acoustique/électrique et électronique, invitant les orchestrations à créer un rythme statique bercé par le mouvement en légato. Paragon tombe par la suite dans un bon slow électronique où ce duel entre Gordon Giltrap et John Dyson conclût ce fascinant album de Wavestar II qui n'est effectivement pas ce à quoi nous nous attendions.

Des solos et des mélodies de synthés qui coulent et volent à profusion sur des structures plus panoramiques que rythmiques, ce TWO possèdent des attributs différents qui ne sont pas sans charmes. J'aime cette fraicheur bucolique qui donne cet aspect celtique dans des ambiances cousues de mystères et nébulosité campagnarde. Pour rêveurs, fans de Mike Oldfield et Tangerine Dream!

Sylvain Lupari (14/09/21) *****

SynthSequences.com

Disponible chez Groove nl et chez CD Services

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