• Sylvain Lupari

WOLFGANG NACHAHMER: Eiszeit (2018)

“De la merveilleuse MÉ dans le pur style Berlin School!”

1 Hermes 4:28 2 Monotaur 5:28 3 Zaubertrank 5:35 4 Eiszeit 4:32 5 Es gibt keine mehr 13:30 6 Kirlian 5:01 7 Die einsamen Schatten 3:46 8 Der Mothmann 6:03 SynGate CD-R WN02

(DDL/CD-R 48:24) (Berlin School)

On ne sait toujours pas qui est Wolfgang Nachahmer! Et pourtant, le secret devait être dévoilé lors du festival E-Live de 2017, soit après la parution de Hexenkessel. Un an après cet album, et l'E.P. Schattenjäger, le secret reste entier! J'hésite entre Peter Baumann et du Harald Grosskopf, puisque la musique et le style de ces deux musiciens sont drôlement omniprésents dans ce EISZEIT. Un peu plus, je dirais, que dans Hexenkessel. Mais peu importe! Wolfgang Nachahmer paye une traite à nos oreilles avec un délicieux gros 48 minutes de MÉ du genre Berlin School vintage où des rythmes, désossés de certains riffs, défilent avec leurs ossatures circulaires sous un ciel sonique bardé de superbes effets et de solos de synthé aussi agiles que très mélodieux.

Hermes galvanise nos oreilles avec les vives ruades rythmiques d'un séquenceur aussi agile qu'un lièvre è la poursuite d'une hase. Friand de rythmes électroniques que je suis, je ne suis pourtant pas à bout de mes surprises ici. Le synthé injecte des parfums harmoniques très vintage, je pense à Earthstar et parfois même à Adelbert von Deyen, avec une approche où les multilignes de synthé répandent des échos et autres effets de bruines prismiques. Et c'est idem pour le pattern rythmique qui juxtapose ses lignes de séquences dans une forme d'union entre Chris Franke et Peter Baumann. Mes suspicions deviennent remplies de doutes avec l'introduction de Monotaur et ses effets de voix de Zombies brumeuses à la Binar. Ce titre accrocheur est monté sur un rythme hypnotique avec une approche circulaire plutôt du genre Düsseldorf School où s'agrippent une floppée d'effets sonores, qui flirtent avec les frontières du psychédélisme, et des solos qui tournoient comme des bretzels refusant de fermer la boucle mais préférant s'évaporer avec les multiples effets sonores, parfois harmoniques, de Monotaur. Oui…Très accrocheur! Comme le deviendra Zaubertrank qui éclot avec une onde défilant comme un filet kaléidoscopique saccadé. Toujours très beau, le Mellotron lance des filets harmoniques, teintées d'une flûte brumeuse, qui rappellent indéniablement les douceurs très virginales de Peter Baumann dans Trans Harmonic Nights. Si les approches de rythmes sans formes définis mais entraînants, parfois pour les doigts, tantôt les pieds et souvent les neurones, sont presque similaires, les ambiances sur Zaubertrank sont plus portées vers les zones d'outre-tombe avec brume et nappe de voix chthoniennes. L'enveloppe est aussi plus vintage.

Parlant d'outre-tombe, les ambiances de la pièce-titre nous y traînent sans résister. Vous vous souvenez du film Phantasm? On y est ici! Titre évolutif bien installé sur un séquenceur en mode ascension, genre un train qui roule tout en effectuant des spirales, de la Berlin School, Es gibt keine mehr se déroule comme un remix complexe de Force Majeure auquel on ajoute des ingrédients de l'album Exit. Les solos de synthé demeurent très mélodieux et survolent le trajet de ce train rythmique où se greffent des murmures, des riffs de guitare et des effets de flûtes soufflés par une sarbacane légèrement abîmée. Le piano et le Mellotron ajoutent une fascinante dimension à l'irréalisme d'une structure qui aime se décomposer dans ces saveurs de Tangerine Dream et surtout d'Edgar Froese. Aussi bon qu'audacieux! Après une intro forgée dans des tintements synthétisés, Kirlian explose pour une autre phase de rock et pas-rock électronique nourri de solos de synthé qui allument une ambiance très Schulze des années 70. À 5 minutes, on en veut plus! Après le petit intermède lunaire de Die einsamen Schatten, Der Mothmann arrive nerveusement à nos oreilles. Murmures (tchop-tchap-tchop) et arpèges nerveux épousent la forme de nos tympans avec sa structure mi-amphibienne et mi-astronomique. Les arpèges coulent avec des suites de séquences dont les demi-cercles se nourrissent de ces riffs de synthé-clavier alors que graduellement le rythme adopte un rock électronique gavé de bons solos de synthé. Et comme hors-d'œuvres tonales supplémentaires, l'imitateur de Wolfgang allège le poids de son séquenceur en lançant des filaments décoratifs lumineux, témoins de l'abondance de sons et d'effets électroniques qui enjolivent encore plus le paysage de EISZEIT. Un autre superbe album de MÉ de SynGate et de Wolfgang Nachahmer et de son sidérant retour vers le passé.

Sylvain Lupari 27/10/18 ****½*

SynthSequences.com

Disponible chez SynGate

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