• Sylvain Lupari

ALBA ECSTASY: Studio Collections 1 (2021) (FR)

Un album solide où les cadres minimalistes sont remplis d'arpèges tintant frappés sur la pointe d'un iceberg cosmique

1 Suspense 3:52

2 Equanimity 7:38

3 Above Us 10:17

4 Saturn Rings 9:25

5 Hegemony 14:28

Alba Ecstasy Music

(DDL 45:41)

(Roumanian School, Cosmic EM)

Nous sommes en avril 21 et voici le tout premier album de Mihail-Adrian Simion! Que se passe-t-il? Pourtant, Alba Ecstasy n'a pas chômé! Il a juste concentré son attention sur un autre projet, la paternité. Et je peux vous assurer qu'il est très heureux à composer des journées de bonheur auprès de son épouse et de leurs deux petites filles. Bon, fini les potins! Et la zik! STUDIO COLLECTION 1 est une autre idée-concept qui tourne principalement sur différentes idées jetées sur un clavier qui s'élaboreront au fil du temps. C'est plus ou moins une autre collection dans le genre de Nodes, Where Are The Quiet Saturdays? et bien d'autres que l'ingénieur en sons roumain a mis en ligne ces dernières années. Et c'est avec plaisir que je redécouvre les parfums de The Long Way to Mars sur ce premier volet qui propose 5 titres sous les formes de mélodieux carrousels tournoyant en mode minimaliste. Le point fort de Alba Ecstasy.

Ça débute avec un beau titre ambiant. Les notes qui montent et descendent ondulent dans une parfaite ballade lunaire qui nous connecte tout de suite avec l'univers musical de Alba Ecstasy. Une ligne de basse étend son emprise secrètement et ses élans pulsatoires sont en contraste avec la légèreté harmonique des arpèges de Suspense qui résistent même à sa mutation électrifiée. Equanimity est beaucoup son contraire! AE délie une ligne spasmodique qui allie basse-pulsations et électrification organique. Le mouvement statique est comme un troupeau de chevaux sauvages trappé dans un enclos trop haut et trop étroit multipliant ruades et sauts désordonnés. Oscillant vivement, Equanimity peine à cacher cette ligne brumeuse cherchant à rester discrète alors que les chevaux ont défoncés les clôtures pour se sauver dans le Cosmos. Above Us est un titre très charmeur fait pour nous amener aux portes de notre tranquillité cérébrale. Les arpèges gelés tintent dans une cohésion harmonique qui n'est pas sans rappeler le très beau Crystal Lake de Klaus Schulze sur l'album Mirage. Le débit est plus lent. Si la première partie pose ses accords sur un lit de brume, la seconde est conduite par un synthé et ses lamentations bluesy à la In Blue, toujours du maître Allemand. Un très beau titre qui cherche à prendre sa vitesse, sans pousser ce projet plus loin.

Saturn Rings débute son éclosion musicale en dévoilant le champs radioactif de ses anneaux. Vibrionnant de ses cercles sédentaires, le mouvement pulse comme un gros ronronnement industriel dont la vélocité est comme une pression sur nos tympans qui vient et se relâche pour s'éteindre dans des woosshh cosmiques après la barrière des 4 minutes. Là où nous attend la marche solennelle d'une guitare sous les étoiles filantes et sifflantes. AE nous ramène aussi dans ces solos aux tonalités hybrides qui ne sont pas sans rappeler les caresses morphiques du duo Schulze/Göttsching dans In Blue. Plus long titre de cet album n'excédant pas 46 minutes de Alba Ecstasy, Hegemony semble être un maillage des 4 autres personnalités musicales de cet album. Rotative, la structure est nourrie par une ligne de battements feutrés et une autre de basse-pulsations. Le débit est ainsi fluide et saccadé, tournoyant sans cesse et amassant constamment les différents effets sonores abandonnés dans la banque d'idées de AE. Le musicien Roumain tricote aussi de courts solos de synthé qu'il éparpille sur cette structure devenue plus saccadée et qui est aussi enivrante que les nuits magiques de Remy, Exhibitions of Dreams, et de Klaus Schulze dans En=Trance. Un très bon titre qui perd de son énergie dans une finale à la recherche d'orientation pour 120 grosses secondes.

Il y a du très bon matériel dans ce STUDIO COLLECTION 1, un solide album où les armatures minimalistes se remplissent d'arpèges tintant comme de solos évasifs et de folie passagère dans un univers de glace et de ses odes cristallines frappées sur la pointe d'un iceberg cosmique.

Sylvain Lupari (08/04/21) ****¼*

SynthSequences.com

Disponible au Alba Ecstasy Bandcamp

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