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  • Sylvain Lupari

ALLUSTE: In the Deep Blue (2019) (FR)

“Alluste nous invite à découvrir un dernier album toujours plus convaincant avec une vision mieux définie du style Chris Franke”

1 Engines of Creation 8:29

2 Dark Recollections 8:02

3 Mountain Dew 11:38

4 Way up north 7:07

5 Freya 8:28

6 A Gathering of Imaginations 7:33

7 The Cosmic Path 7:05

8 Sereneia 5:25

9 Runny 6:34

Alluste Music

(DDL 70:24) (New Berlin School)

Une ombre de basse étend une chaleur limitrophe au paradis lorsque des vaguelettes synthétisées ajoutent une couleur bleu-ciel à l'introduction d'Engines of Creation. Une ligne de basse séquences fait sautiller un rythme doux qui s'ébat dans de la ouate éthérée, attendant une mélodie qui viendra par les touches d'un clavier très romanesque. On ajoute des percussions et hop; la musique coule comme un doux slow tempo où les ions séquencés gambadent avec insouciance. De plus en plus habile à créer des mélodies autrement que sur le séquenceur, Alluste propose avec son 19ième album un autre rendez-vous musical toujours très confortable pour nos oreilles. Rythmes et mélodies qui entrelacent leurs légers différents dans une texture de mélancolie si unique à la signature de Piero Monachello, les 70 minutes qui roulent au compteur d'IN THE DEEP BLUE sont des moments de magie qui s'apprivoisent sans difficulté. Teintée d'une robe plus sombre, Dark Recollections propose un rythme plus fluide, voire spasmodique, qui s'immisce entre nos oreilles avec un essaim d'ions séquencés qui sautillent sur place. Si ce premier mouvement est statique, un autre mouvement du séquenceur, plus conduisant celui-ci, forge un rythme ostinato qui monte et monte sans jamais atteindre son but mais qui donne une belle fluidité à un mouvement très Berlin School. Cette diversité rythmique est propice à recevoir des souffles de synthé aux tonalités hybrides et une approche mélodieuse d'un clavier qui fait rouler ses arpèges dans des vapeurs de Tangerine Dream, période Jive. Très mélodieux et onirique, Freya est un peu dans le même genre avec une structure plus éthérée. On trouve ces vapeurs un peu partout dans cet album qui flirte entre Le Parc et Underwater Sunlight mais aussi avec le très mélodieux Pacific Coast Highway de Chris Franke.

Et même si les lignes de rythmes abondent dans une complexité relative, nos oreilles s'ajustent assez bien à ces lignes de rythmes entrecroisées comme dans Mountain Dew. Way up North propose une vision plus cosmique avec des effets qui sont dans le ton. Le rythme reste toujours dans ce tissu de jonction entre un essaim de séquences limpides que l'on lance comme un jet d'une seringue dans l'eau et une ligne de basse séquences qui gambade sans autorité apparente dans une approche nébuleuse. A Gathering of Imaginations suit avec une structure plus fluide du style Berlin School. Les séquences sautillent en flirtant avec leurs ombres pour prendre une tangente légèrement différente en mi-parcours. The Cosmic Path est un des titres les plus intéressants sur cet album avec sa structure de rythme qui trace une course cosmique. Le séquenceur est nerveux et les ions sauteurs ne se gênent pas pour sautiller dans une indiscipline qui retrouve sa cohésion lorsqu'une ligne de rythme plus indépendante forge un mouvement ascensionnel de la Berlin School. Nos oreilles sous le charme, une autre ligne de rythme, harmonique cette fois, vient nous planter ce désir de réécouter The Cosmic Path. Direction iPod! Sereneia est une belle ballade électronique teintée du romanesque de Piero Monachello. C'est très beau! Le meilleur est pour la fin avec l'excellent Runny qui va vous figer un ver-d’oreille dans l'âme. Sa structure est stationnaire avec des séquences qui papillonnent dans un ballet cosmique progressif. Deux lignes d'harmonies, dont une qui restera gravée sur les tympans pour des heures à venir, se frottent entre des claquements feutrés de percussions construites dans des fibres de coton.

Confortable dans ce style toujours très accrocheur depuis Constellation, Alluste nous invite à découvrir un dernier album toujours plus convaincant avec une vision de mieux en mieux définie du style Chris Franke. IN THE DEEP BLUE respire la profondeur de son titre avec un album très musical où chaque titre est comme une marche nous conduisant vers une finale qui donne ce goût de le faire jouer à nouveau. Il y a de très solides titres sur cet album!

Sylvain Lupari (02/12/19) *****

SynthSequences.com

Disponible au Alluste Bandcamp

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© 2019 by Alexandre Corbin for Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari

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