• Sylvain Lupari

ALPHA WAVE MOVEMENT: Tranquility Space (2018) (FR)

Updated: Jul 11

“Voici un autre excellent album d'AWM qui mélange les tons doux des ambiances flottantes à de superbes motifs hypnotiques de la Berlin School ... et plus encore”

1 Tranquility Space 3:52

2 The Tender Sea of Space 8:26

3 Slow Voyage 7:16

4 Centauri Memories 2:31

5 Purge 6:01

6 Sailing Orion 10:42

7 Movement IV 10:18

8 A Place of Peace 7:11

9 Theta Space 5:18

10 Umbra 11:05

HRR180915

(CD-r/DDL 72:45)

(Ambient, Berlin-School, Tribal, Drone)

Un nouvel album d'Alpha Wave Movement n'est pas chose banale! Album après album, et peu importe le veston, Gregory Kyryluk excelle dans l'art de surprendre et finalement de charmer. Comme beaucoup de ses œuvres, TRANQUILITY SPACE a besoin de quelques écoutes avant que la musicalité de son diapason rejoigne ses filaments qui se connectent à nos émotions, à notre imagination. Pas que cela soit complexe! Non, je dirais plutôt que ce dernier opus est fait dans une belle diversité des styles où le genre cinématographique flirte avec du très bon Berlin School ou encore les ondes réverbérantes des plaines de drones caressent une approche nettement onirique. Entre ses phases de rythmes ambiants, ses panoramas d’ambiances interstellaires et ses contrastes, TRANQUILITY SPACE laisse tôt ou tard son indéniable marque sur nos émotions, comme les grandes œuvres d'AWM qui en compte plus qu'une bonne demi-douzaine dans une discographie qui ressemble à une immense boîte de chocolat sonique où tout est bon dans sa forme artistique.

Des bourdonnements et des vents azurs ouvrent le sanctuaire tonal de Tranquility Space. Des sons fuient les cieux et tombent goutte à goutte afin de former un nuage sonore où perlent ces gouttes figées dans une oasis de sérénité. The Tender Sea of Space porte fièrement ses armoiries avec une ouverture remplie de violons chimériques étirant leurs complaintes. Écarlates, les tonalités des violons mutent en de douces caresses musicales où tintent toujours ces sons figés dans du cristal et qui miroitent comme des perles sur une harpe. Le mouvement est lent et troque ses ambiances calmes pour des moments plus intenses avec une approche mélancolique qui fait très Vangelis. Un léger mouvement de rythme fait osciller le tapis de cet éden sonique avec une horde de secousses dociles unique aux rythmes ambiants de la Berlin School. Et toujours ces nappes de synthé parfumées des visions apocalyptiques de Vangelis…Beau, cinématographique et très intense au niveau des émotions! On peut dire la même chose de Slow Voyage, sans l'empreinte de Vangelis. La musique et les ambiances oniriques répondent avec habilité au sens de son titre. Ici aussi, un rythme secoue un peu plus les ambiances qui prennent une teinte orientale à du Kitaro très cosmique. La finale est un peu abrupte. Ici et dans cette superbe berceuse lunaire qu'est Centauri Memories avec son chant magnifique de carillons.

Purge emprunte un peu le tribal ambiant organique de Steve Roach. La pluralité des tons reste très contagieuse ici. Sailing Orion est le bijou de ici. Sa lente introduction est tissée dans un délice sonore avec des nappes de voix qui fredonnent sur un lit sonore oscillant et valsant de ses empreintes tonales. Onirique, ces instants nous guide vers une splendide structure rythmique hypnotique dont les battements en série sculptent un très beau Berlin School. Activée autour des 4 minutes, ce rythme pulsatoire agrémente sa parure avec un niveau d'émotivité dans les nappes de voix et les couches interstellaires qui donnent un aspect poignant à cette musique nouée de ses souffles séraphiques et d'orchestrations célestes. Un pur joyau dans cette astérisme musicale qu'est ce dernier album d'Alpha Wave Movement. De longs effets réverbérants, comme des nuages de drones, sculptent le panorama de Movement IV qui est un long titre d'ambiances aussi réalistes qu'un coucher de soleil dans les Everglades. Après cette vaste étendue d'espace sonore, A Place of Peace nous parvient avec un effet de vaisseau spatial accostant la Terre. Il ne faut pas se fier à cette omniprésence d'espace ambiant, puisque la musique embrasse une boucle de Groove alimentée par une ligne de basse assez monstrueuse. Et tranquillement, A Place of Peace devient une place de Groove avec un chant très organique dont les tonalités de batraciens sur un joint murmurent dans de soyeuses nappes de voix et sous cette ligne de basse archi suggestive. La richesse de ce titre est qu'il est aussi inattendu que délicieusement entraînant, comme ses solos de synthé qui en parfument la seconde partie. J'ai craqué à la 1ière écoute sur ce Groove très cosmique. Après un Theta Space aussi tranquille que Movement IV, Umbra termine les dernières 11 minutes de TRANQUILITY SPACE avec une symphonie pour étoiles filantes figées dans les lames d'un immense xylophone. Ces accords fragilisés dans du cristal défilent, après les ondes sombres de l'introduction, dans une mixture sonore qui rappellent un peu les œuvres maîtresses de Michael Stearns, Chronos et M'Ocean. Les notes se contorsionnent et roulent comme des fuseaux stroboscopiques entre des arpèges isolés, créant une délirant effet de canon où chaque note amplifie sa chorégraphie astrale. Musical et onirique, Umbra rejoint les vastitudes de Tranquility Space et met un terme à un autre belle aventure musicale d'Alpha Wave Movement qui réussit ce difficile pari de constamment séduire tout en déstabilisant avec des approches toujours à la recherche du zénith sonique. Très bon dans tous ses sens!

Sylvain Lupari (27/09/18) ***** SynthSequences.com

Disponible auHarmonic Resonance Recordings Bandcamp

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