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  • Writer's pictureSylvain Lupari

Ascendant Elemental Air (2023) (FR)

Des rythmes ambiants dans des textures de psychill et psybient

1 Earthbreath 7:32

2 Lucid 9:26

3 Bioluminescence 7:56

4 Gateway Meridian 5:34

5 Vespyr Descends 6:58

6 The Loom 7:19

7 Sylph 8:18

8 Under Clouds 7:12

9 Vector 93 6:18

Aura - AU09

(DDL 66:34)

(Psychill, psybient)

Exception faite des albums de Remote Vision, projet de Don Tyler, il y a bien longtemps que le duo américain Ascendant, constitué de Tyler et Chris Bryant, avait produit de la musique. Il faut remonter à une édition étendue de l'album-téléchargeable Meridian, Meridian EX, pour retrouver une dernière œuvre co-signée par les 2 fondateurs du label californien Synphaera Records. Et c'est sur AURA, qui est le portail exclusif vers les univers musicaux de Chris Bryant et Don Tyler, comprenant la musique d'Ascendant, S1gns Of L1fe, Starterra, Phase47 et Remote Vision, que nous apparaît ELEMENTAL AIR. C'est un album conçu principalement sur des rythmes ambiants dont les textures organiques, les pépiements des années analogues, et lyriques forment une tranquille odyssée musicale qu'on peut écouter avant que Morphée nous entraîne dans son royaume. Les rythmes sont organisés par des lignes de séquenceurs assez similaires qui exploitent des tonalités vêtues de grésil, de bruits parasitaires. Les fluctuations rythmiques varient, passant de ambiant à semi entraînant avec des cercles, des boucles et des lignes qui dérivent légèrement dans des enveloppes musicales de psychill et/ou de psybient. Ces éléments d'ambiances se lient avec les textures usuelles de la musique électronique (MÉ) des années 70 avec des nappes de brumes à la fois gothiques et/ou soporifiques. Bref, un autre bel album du duo américain qui ne ménage aucun effort afin de remplir nos oreilles d'une musique riche de ses émotions interstellaires.

Earthbreath donne le ton à cette nouvelle odyssée musicale avec un mouvement fluide du séquenceur. Le rythme est de nature ambiante avec une série de cognements télégraphiques dont la texture de riffs continus sonne comme un train imaginaire roulant au ralenti. Le séquenceur fait bondir ses ions sauteurs sans répit, insérant une inflexion qui fait ressurgir une ombre toute aussi blanchâtre afin de donner une illusion auditive d'un dérapage dans sa cohésion. J'aime cette formule du duo américain qui détourne ainsi la vision minimaliste, cette répétitivité dans la forme du rythme en lui donnant une profondeur passagère. Il est ainsi magnétisant et coule dans une enveloppe de bourdonnements passifs, comme un long filament imparfait avec une courbe délicatement ascendante et des modulations dans sa couleur, sa texture, son intensité et sa vélocité. Son aspect légèrement dérivant lui donne aussi une apparence finement stroboscopique. Bref, c'est minimaliste avec juste ce qu'il faut en intonations variables pour séduire jusqu'à ce qu'une ligne de basse émette des pulsations et lui donne un élan de rythme lent dans une enveloppe de psychill. La structure de Lucid est similaire. Le débit est légèrement plus rapide avec des expirations d'une ligne de basse qui sont plus soutenues, donnant un aspect plus dramatique à une ambiance bien enveloppée dans des orchestrations lunaires. Le mouvement du séquenceur fait onduler cet essaim de lignes de rythme, comme dans un effet de balancier, où les modulations sont plus accentuées, donnant cette impression de vélocité lorsque les impulsions le poussent vers le haut. Les ronflements de la nappe de basse gonflent artificiellement la portée de ces élans qui dérivent avec différentes intonations dans les coloris, lui procurant une apparence organique et psybient dans une enveloppe qui somme toute est assez cinématographique. Après une nappe de brouillard résonnant comme introduction, Bioluminescence propose une structure de rythme fermement martelé par des arpèges qui tombent sèchement tout en étendant des mini cercles d'harmonies contractées. Des basses pulsations ronflent et ralentissent la course d'un rythme qui se découd tranquillement afin d'offrir des visions tant rythmique qu'atmosphérique avec des séquences qui défilent en filaments spasmodiques. Le mouvement du séquenceur rencontre celui des basses pulsations qui est plus soutenu alors que les synthés délient des lignes et ondes qui tracent des tournicotes aériennes. Le titre plonge dans une phase atmosphérique autour de la 5ième minute pour renaitre avec une vision plus spasmodique.

Gateway Meridian propose un rythme pulsatoire qui sautille dans des nappes d'éther et de brume de morphine. Des filaments se contractent et se déroulent dans ce firmament remplie de fragments de mélodies électroniques, certaines obsédantes et d'autres plus libérées. Vespyr Descends est du genre de Earthbreath et Lucid, alors que The Loom, après une ouverture atmosphéricosmique guidé par une structure de rythme ambiant, déploie un mouvement sec et vif du séquenceur qui fait bondir ses ions sauteurs dans une tonalité aussi perçante que son flux rythmique. Le rythme épouse par la suite une tangente légèrement plus dynamique. Sylph suit avec une masse d'orchestrations lunaires flottantes. Le rythme épouse une tangente minimaliste dans une vision ambiante. Il ondule et dérive avec ses tonalités psychédélico-organiques dans un univers glauque rempli de drones crépitants et d'ombres bourdonnantes. Under Clouds est du genre plus atmosphérique sans rythmes séquencés mais avec de longs filaments ondulatoires qui dérivent en rampant dans une zone gorgée d'effets sonores qui bordent le psybient. On peut entendre, surtout vers sa finale, de beaux vestiges de mélodies inachevées. Vector 93 conclut ce dernier opus d'Ascendant dans une vision toujours aussi lyrique avec une structure qui est du même moule que le très bon Gateway Meridian.

Navigant sur des eaux calmes avec de légères turbulences rythmiques, ELEMENTAL AIR suit les mêmes sentiers