• Sylvain Lupari

RALF WADEPHUL: Ich Bin Ein Berliner (2012) (FR)

C'est une autre belle surprise de Ralf Wadephul qui présente une solide performance qui est dans la même veine que 220 Volts

1 Ghosts in the Satellite 6:40 

2 Remember '88 (Incl. Neptune's Cave) 11:05 

3 Into the Thunder 5:56 

4 Suffering Sharks 6:58 

5 Sungate 5:25   

6 Endless Blue 8:43 

7 Encore (Jump Van Halen) 8:50

Ricochet Dream | RD068

(CD 53:39)

(Up tempo, e-rock and New Berlin School)

J'ai cru comprendre, lorsque je suis parti à la découverte de When Aliens Meet a Drop of Water, que Ralf Wadephul était tout un personnage qui aimait apporter une touche très théâtrale à sa musique. C'est donc sans trop grande surprise que j'ai appris qu'il est maintenant ingénieur de son à la pige et qu'il fait principalement les mixages finaux des versions Allemandes de films pour le cinéma et la télévision. Et c'est exactement cette ambiance de fête électronique, où le fantastique côtoie les limites d'une imagination qui trouve toute sa profondeur dans l'ombre des synthés et des séquenceurs, que nous retrouvons sur son premier album solo et sur ICH BIN EIN BERLINER. Voilà un titre très patriotique (I'm a Berliner) pour une performance donnée dans le cadre du 40ième anniversaire du mouvement de la Berlin School. Et pourtant Ralf Wadephul n'a rien d'un artiste imprégné par cette approche artistique minimaliste et hypnotique. Oh que non! Accompagné par Thorsten Wagner, aux guitares, Kai Wiegert, à la basse et Heiko Gigner, aux percussions; W.A.dePHUL (le nom de son groupe) livre une étonnante performance qui respecte toute la folie des grandeurs de ce mangeur de science-fiction et de sa musique tissée dans d'explosifs réminiscences de Optical Race, mais avec une musicalité nettement plus intense et une nette tendance pour le rock progressif électronique lourd ornée de subtils arrangements orchestraux.

Ghosts in the Satellite est la seule nouveauté ici. L'intro offre un prélude d'émissions de télé nouvelles avec une variété de tonalités et grésillements statiques qui s'effacent peu à peu pour laisser place à un rythme sautillant. Une nappe d'orgue survole les premiers pas de ce tempo quelque peu simpliste alors qu'un synthé étend un voile harmonique semi spectrale et semi-sci-fi sur un titre qui balance ses harmonies sur une structure plus axée sur du soft rock progressif. Remember '88 (Incl. Neptune's Cave) débute avec un vocoder, créant un bref moment d’ambiance cybernétique avant que les premiers accords de Neptune's Cave se font entendre. L'interprétation est plus molle et ramène le titre dans un mode très down-tempo, quasiment un slow. La section atmosphérique du milieu est plus longue, avec l'utilisation du vocoder, alors que l'ambiance est plus nourrie. Mais dans l'ensemble cela reste une très belle interprétation d'un titre qui semble être, et avec raison, une des préférées du public. Into the Thunder et Suffering Sharks respectent les paramètres de When Aliens Meet a Drop of Water, alors que Endless Blue offre une structure du genre blues lounge avec Ralf Wadephul qui parle aux auditeurs d'une voix chloroformée. J'aime mieux cette version où le saxophone est brillamment remplacé par de doux solos de synthé, comme quoi que le sax n'ajoute vraiment rien à la MÉ, et que la guitare est plus soyeuse, plus rêveuse. Je ne me souvenais plus que Sungate, de l'album Optical Race, avait été coécrit avec Paul Haslinger et Edgar Froese, donc c'est avec étonnement que j’ai vu qu'elle figurait sur ce live de W.A.dePHUL. Et encore là, l'interprétation est teintée de blues. Un blues électronique aussi suggestif que rêveur avec une guitare mordante qui mélange assez bien ses solos et ses riffs lourds sans jamais altérer cette mélodieuse portion qui fait toujours son effet. Les grosses nappes fantomatiques de l'orgue du fantôme de l'opéra courent en ouverture de Encore avant d'embraser une lourde phase atmosphérique. Ce dernier titre sans nom sort de son coma orgue-anique pour plonger dans l'irréel avec une version robotique et électronique de Jump (oui oui; Van Halen) où solos de synthé et guitares se partagent un furieux combat d'entités soloïques qui n'arriveront jamais à nous faire oublier l'original, mais le jeu vaut la chandelle.

Sans prétention, et avec un énorme respect pour son public, Ralf Wadephul, ou W.A.dePHUL, livre une performance qui semble aussi enlevante que sa musique. J'ai été agréablement surpris par When Aliens Meet a Drop of Water et ICH BIN EIN BERLINER exploite à fond les forces de cet étonnant album que je n'ai pas honte de recommander. Cet album live est tissé dans les approches que Tangerine Dream exploitait lors de sa tournée 220 Volt, soit du rock électronique furieux et inspiré. Un bel album qui démontre que la MÉ peut aussi soulever ses passions en concert. Ça serait plaisant d'avoir une version vidéo.

Sylvain Lupari (28/04/13) *****

SynthSequences.com

Disponible chez Groove NL

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