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  • Writer's pictureSylvain Lupari

Robert Kalyos The Path of the Whole (2023) (FR)

L'univers mélodieux de Robert Kalyos reste toujours à la portée de toutes les oreilles

1 Rush of Time (Part 1-3) 15:04

2 Slow Motion 4:07

3 Froesernity 12:12

4 Night of Thoughts 3:36

5 Morpheus Dunes 10:33

6 Timeless 8:14

7 The Wave Save the King 6:11

8 The Last Horizon 4:05

(DDL 64:05)

(Melodious Berlin School)

Le mélodieux univers de Robert Kalyos est à la portée de toutes les oreilles. Depuis Cosmopolis en 2021, le musicien-synthésiste de Verona en Italie multiplie des titres accrocheurs tout en jouant dans les paramètres d'une musique électronique (MÉ) légèrement plus progressive. Si vous aimez un style mélodieux empreint de romance et structuré sur des arrangements à vous donner des frissons à l'âme, c'est un artiste que je vous conseille fortement. THE PATH OF THE WHOLE est en tous points conforme à son style. Ce nouvel album-téléchargement de RK est dédié aux grands noms de la scène de la MÉ qui sont décédés dernièrement. Ces noms ont largement influencés et dictés le style et les textures de la musique du musicien Italien. On y trouve donc beaucoup d'essences de Edgar Froese et de Vangelis, notamment au niveau des arrangements, dans cet album où des clins d'œil aux univers de Klaus Schulze et Mark Shreeve sont aussi entendables.

Cet album-hommage aux grands noms d'hier débute avec un lourd voile de résonnances sonores sur lequel rebondissent et tintent des accords qu'un clavier disperse avec parcimonie. Le panorama s'intensifie avec des lames et des larmes de synthé dont les couleurs azures et écarlates stigmatisent des lézardes harmonieuses. Déjà, les parfums musicaux d'un Vangelis nostalgique envahissent nos oreilles. Tout au long des structures ambiantes et de procession de cet album, Robert Kaylos intègre des modulations, subtiles comme franches, qui donnent des élans aux rythmes ainsi qu'aux tissus des éléments d'ambiances qui structurent les marches processionnelles. On en trouve dans le premier segment de Rush of Time (Part 1-3) et ils nous conduisent à sa floraison rythmique autour de la 8ième minute. Ce rythme est fait de remous sonores qui tournent en boucles sous les souffles orchestraux des synthés. Une basse-séquence pulsatrice fait office d'un métronome alors qu'une autre ligne du séquenceur redynamise le rythme auquel se greffent de sobres percussions électroniques. Le plus long titre de THE PATH OF THE WHOLE devient alors un bon rock électronique à peine plus rapide que lent où s'égosillent de très bons solos de synthé. Disons que c'est une belle introduction à un album qui n'a pas fini de nous étonner, un peu comme la progression de Rush of Time (Part 1-3) qui se conclut dans un véritable rock électronique créatif et entraînant. Il manque des minutes à ce titre! Court et mélodieux, Slow Motion suit avec un rythme lent qui est en conformité avec le sens de son titre. Un rythme subtilement lourd qui est martelé par de sobres percussions et emporté dans une délicate spirale que le synthé tisse de ses arrangements. Le clavier laisse flotter une belle mélodie qui augmente tranquillement son intensité émotive. Le tout me fait penser aux mélodieuses odes orchestrales de Synergy. Froesernity est un très bon titre qui fait entendre une fusion entre les titres Cool Breeze of Brighton et Siver Scale du répertoire de Tangerine Dream dans la première moitié des années 80. Les ions cadencés sautillent nerveusement dans un pur Berlin School de l'époque, tandis qu'une brume gothique étend ses rayons sonores comme les bourdonnements d'une mouche géante sur le débit vif du séquenceur. Des pads de synthé étirent une mélodieuse aura gothique, alors que les arrangements brumeux épousent aussi une tangente circulaire. Même si le rythme est plus lent, c'est ici que les souvenirs musicaux de Cool Breeze of Brighton viennent titiller mes oreilles. Des tortillons réverbérants garnissent les ambiances, alors que les percussions électroniques solidifient la chaotique danse des ions sauteurs et que le synthé lance des nappes de brume plus blanchâtres. Le titre évolue avec une présence mélodieuse du synthé et prend un virage atmosphérique autour de la 9ième minute pour revenir avec son entrain d'origine quelques 90 secondes plus loin. Le musicien Italien ajoute une belle modulation dans ce renouveau rythmique qui nous conduit à la finale de Froesernity. Un très gros titre! Dans une ambiance de film de peur, Night of Thoughts propose un débit lent structuré sur des coups de basse-pulsations et des percussions qui claquent dans leurs échos. On peut faire un lien avec l'univers de Mark Shreeve ici avec une vision musicale sombre et tourmentée, voire obsédante, même si le clavier y dépose une mélodie qui tinte au même diapason de notre angoisse.

Le clavier est plus en mode procession dans Morpheus Dunes, un titre lent dont la cadence initiale est érigée par un faible mouvement sautillant d'accords de clavier joués sur des tonalités plus graves. La mélodie qui tinte est de verre bleuté. Le rythme s'éveille peu à peu avec un mouvement plus ondulant qui conserve tout de même un débit lent, même si une belle modulation accélère à peine sa cadence dans son dernier tiers. Des notes de clavier tombent et étendent des cerceaux lumineux empreints de mysticisme, alors que le synthé balance de belles harmonies et de subtiles voiles de voix éthérées qui flottent et dérivent comme les délices harmonieux du Moyen-Orient. Un parallèle évident avec les univers de Klaus Schulze est à faire ici. L'horloge bat à pleine mesure pour disparaître dans l'ouverture de Timeless qu'une sombre ombre de synthé enveloppe d'un suaire léthal. La masse de son s'intensifie avec ces ombres de synthé qui s'amoncellent. Des modulations dans celles-ci structurent des airs ténébreux ainsi qu'un lent débit de procession astrale. Des claquements et des cliquetis empruntés au temps tentent d'accélérer cette intense et sombre marche qui s'épure et se développe un peu mieux à l'approche de la 4ième minute avec l'arrivée des percussions. Le clavier profite de cette structure semi lente pour incorporer une belle mélodie cinématographique qui me fait penser aux sombres mélodies cadencées de Walter Christian Rothe dans Let the Night Last Forever. Il m'a fallu 3 à 4 écoutes, mais j'ai finalement accroché sur ce titre dont la floraison des arrangements rappelle aussi Vangelis. The Wave Save the King est très bon Berlin School avec un mouvement ascensionnel du séquenceur. L'onde de rythme ondule avec une tonalité de basse-séquences. De sobres percussions accompagnent son ballant qui monte et descend dans cette brume aux grains finement métallisés qui dépeint les ambiances chtoniennes d'un bon Berlin School. Le rythme est ainsi divisé entre le lent mouvement des percussions métronomiques et la fluidité du séquenceur. Robert Kalyos enjolive le tout avec des beaux solos de synthé qui sont divisés entre ces soupirs de nostalgie et cette griffe de mélodies vampiriques qui tenaille les ambiances de cette MÉ inspirée des années vintage. The Last Horizon conclut THE PATH OF THE WHOLE avec un rythme lent, bien frappé par de sobres percussions dorées d'un éclat résonnant. C'est une belle ballade, quoique légèrement ténébreuse, dessinée dans les songes d'un synthé qui étend sa mélodie larmoyante, comme ce dernier regard empreint de nostalgie lorsque nous regardons notre passé. C'est rempli d'une tristesse à nous émouvoir! Et au final, il s'agit d'un autre très bel album de Robert Kalyos qui vogue à merveille sur son art plus accessible tout en flirtant avec des structures un peu plus progressives.

Sylvain Lupari (03/05/23) *****

Disponible au Robert Kalyos Bandcamp

(NB: Les textes en bleu sont des liens sur lesquels vous pouvez cliquer)

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