• Sylvain Lupari

STARTERRA: Transformation Cycles (2022) (FR)

Un très bel opus rempli de rythmes ambiants qui tiennent les neurones éveillées

1 Stellar Arc 10:12

2 Metasync 10:04

3 Parsec Division 9:42

4 Celestial Intellect 9:34

5 Subterrestrial 8:58

6 Frequency Source 10:26

7 Nodal Shift 8:42

8 Vega Point 10:16

Exosphere‎– exo31

(DDL 24Bits 77:54)

(Ambient Berlin School Psy-Chill)

C'est dans un environnement de poussières industrielles percolant dans une base cosmique que Stellar Arc s'accroche à une lente et lourde pulsation d'une ligne de basse résonnante. L'enveloppe sonore est dense, et le devient encore plus lorsqu'un mouvement du séquenceur filtre une ligne qui va et vient sans vision rythmique. Le synthé laisse partir des stries écarlates sur cette structure stationnaire qui devient perturbée par l'agitation soudaine du séquenceur qui sculpte maintenant une ligne de rythme ambiant qui décolle comme un hélicoptère. Séduisants, ces croquis rythmiques abondent dans l'univers de TRANSFORMATION CYCLES, 2ième album d'un des nombreux projets musicaux de Chris Bryant, Starterra. Les ions enrobés de ouate musicale forment des cercles autour d'accords tombant avec une résonnance dramatique. Cette structure de rythme stationnaire approche une phase de transition plus atmosphérique autour de la 5ième minute pour tranquillement reprendre sa route dans une vision de passion qui devient timorée à mesure que Stellar Arc approche vers sa finale. Ainsi est ce premier titre, ainsi sont les 7 autres ce nouvel album-téléchargement 24 Bits à sortir de Exosphere. J'avais été totalement séduit par Celestial en 2020, et ce nouvel album d'un des fondateurs de Synphaera Records possède encore plusieurs atouts qui sauront charmer les amateurs de Berlin School ambiant et nébuleux qui cogite dans des sphères cosmiques plus contemporaines. Au-delà d'une luxuriante flore tonale, j'adore ces stries synthésisées aux parfums de trompettes célestes et ce délicat parfum de psybient modéré, TRANSFORMATION CYCLES propose près de 80 minutes, pour 8 titres, d'une musique électronique (MÉ) flirtant avec le chillout et le Berlin School. En plus de séduisants éléments percussifs, celui qui guide aussi les destinées de S1gns Of L1fe, propose une série de mouvements similaires qui se déroulent dans avec vision polymorphique dans une texture lunaire, genre morphine et poudre de Lune, qui amène nos oreilles dans des contrées sonores imbibés des souvenirs de Schulze/Namlook dans le 9ième volet de The Dark Side of the Moog, Set the Controls for the Heart of the Mother.

Metasync couche une belle introduction avec des ondes de synthé qui s'élèvent parmi des effets percussifs tintant comme des billes qui s'entrechoquent. Des effets de trompettes et des pads plus dramatiques guident cette ouverture qui subit une onde de chocs quelques secondes avant la seconde minute. Une ligne de basse-pulsations accompagne ce synthé qui lance des boucles qui régissent harmonie et rythme ambiant sur une structure de séquenceur finement spasmodique. Les billes vont et viennent alors que les boucles continuent de hanter l'écoute jusqu'à déformation lorsque le titre entreprend une longue phase transitoire de 90 secondes pour graduellement revenir comme son introduction. Le mouvement de Parsec Division est dans la pure tradition d'un Berlin School flottant. Le rythme est circulaire avec deux couches du séquenceur dont les tonalités contrastantes grimpent un firmament où les étoiles brillent et chantent. Un gros titre sans phases méditatives sur ce TRANSFORMATION CYCLES. Celestial Intellect n'est pas en reste en proposant une structure similaire mais en plus lent, rendant le travail des séquences plus saccadé. Les tonalités du séquenceur varient aussi tout en privilégiant une vision de bruits parasitaires. Une bonne ligne de basse donne un élan de chillout et supporte ce mouvement giratoire qui tourne mollement dans une dense nappe de brume et de voix absentes. Subterrestrial est plus lent et déploie sa membrane rythmique circulaire d'une façon encore plus saccadée dans un décor dystopique. De lointaines sirènes se font entendre loin derrière une poussière métallique où fredonnent des voix d'anges. Le mouvement gagne en intensité juste avant de rencontrer une courte zone de transition. Une phase qui revigore le rythme, toujours ambiant et circulaire mais plus fort et puissant, lui donnant cette vision d'un immense centipède géant à la recherche de nourriture. Oui! Je suis sur les anti-douleurs 😊!

Frequency Source nous fait valser dans le Cosmos avec une texture percussive qui rejoint mes goûts. On y entend des effets qui sonnent comme des billes qui se frappent à la manière de Stellar Arc. Au niveau sonore, la texture est dense avec des couches d'une brume ouateuse où retentissent des sondes sonores alors que d'autres effets font très Tangerine Dream des années White Eagle à Poland. Le mouvement du séquenceur est polymorphique avec un léger effet d'écho qui surdimensionne sa profondeur. Ces lignes de rythme prennent des tangentes qui se suivent comme des ombres ou qui se détachent pour aborder une structure plus sautillante en parallèle de ce lent tourbillon rythmique. Un maelstrom bien emmitouflé dans cette mixture de brume et ces poussières industrielles d'une station spatiale à la dérive. Lent et savoureusement anesthésiant, Nodal Shift propose une structure atmosphérique couchée sur de lourds battements sourds et résonnants. La résonnance de ces battements se perd dans une flore tonale garnie de stries cuivrées et d'effets psybient ainsi que des séquences qui voltigent et papillonnent sur de faux élans caoutchouteux stroboscopiques. Après une autre ouverture brumeuse qui croît avec une idéologie dramatique, Vega Point conclut cet album avec une structure de rythme ambiant qui émerge une 20taine de secondes après la 2ième minute. Le séquenceur tisse un long mouvement ascendant biphasé avec des couleurs tonales allant du sombre au grésillant dans un mouvement qui intensifie une progression servant à faire danser nos neurones. On retrouve un décor assez similaire aux autres titres de TRANSFORMATION CYCLES ainsi que ces basse-pulsations dont les résonnances cimentent les mouvements adjacents et parallèles du séquenceur dans ce nouvel album-téléchargement de Starterra. Un très bel opus rempli de rythmes qui tiennent les neurones éveillées, laissant ainsi cette ouverture pour en apprécier son abondante flore sonore.

Sylvain Lupari (15/03/22) *****

SynthSequences.com

Disponible chez Exosphere Bandcamp

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