• Sylvain Lupari

POLLARD DANIEL BOOTH: Vol. IV (2010) (FR)

C'est un bon album pour les fans de MÉ des années 70 avec un clin d'œil à TD

1 Alpha Primitives 43:40

2 Streams 20:00

3 Hashra Simpel 10:35

English Electronic Music Company EEMC 1013

(DDL 74:14)

(Classic Berlin School)

On a beau dire que l'aventure musicale de Brendan Pollard, Michael Daniel et Phil Booth se ressemble d'album en album, il reste que c'est toujours agréable d'entendre du PDB. Et ce même si le trio n'invente rien et se complait à investiguer et transcender les limites que Tangerine Dream à défini avec le fabuleux Phaedra. POLLARD DANIEL BOOTH Vol. IV étreint toujours cette aventure nostalgique d'une musique électronique (MÉ) vintage que le trio Anglais façonne depuis 2009 avec le tout premier Pollard Daniel Booth. Nous sommes toujours dans les territoires d'un Berlin School rétro des années Ricochet à Sorcerer. Même que le trio Anglais y glisse de superbes échantillonnages ici et là. Et au final, POLLARD DANIEL BOOTH Vol. IV est un bel album qui fera les délices des fans toujours insatiables du Dream des années 70.

Alpha Primitives débute cette nouvelle aventure musicale dans les terres du mythique trio Allemand avec une longue intro atmosphérique. Les ondes mouvantes, de longs souffles aux résonnances chtoniennes, des chuchotements schizophréniques et des accords de claviers errent ici et là entre des souffles de synthé apocalyptiques. Avec ses sonorités clairons, cette introduction déverse son trop plein d'échantillonnages sonores ravivant des souvenirs musicaux d'une époque lointaine qui se déguste mieux avec du gazon vert 😊. Notre esprit dérive dans une brume mellotronnée alors qu'au loin on entend une lourde séquence ondulée. Nous sommes autour de la 8ième minute et cette séquence venant des abîmes nous rappelle un peu les rythmes de Phaedra et secoue l'inertie de Alpha Primitives avec une autre ligne séquencée qui s'y arrime. Ces deux éléments forgent un sublime moment du séquenceur qui fait permuter et défiler sa vision rythmique en un débit rapide sous des synthés torsadés et brumeux. La séquence se dédouble, subdivisant un rythme hyper nerveux qui ondule avec frénésie sous de belles nappes mellotronnées. Un délice pour les amateurs de Tangerine Dream, époque Phaedra. Cette tempête du séquenceur se calme vers la 20ième minute. Là où tout revient à la case départ et à l'introduction atmosphérique. Divisé nettement en 2 fractions, Alpha Primitives embrasse une douceur atmosphérique avec des accords limpides qui sont poussés par le vent des mellotrons et des chœurs plus sereins. Des solos de guitare y traînent. De beaux solos qui s'accrochent superbement à cette ambiance désertique, juste avant qu'une séquence aux accords nerveux ondule avec lourdeur, caressant toujours au passage les douces mémoires d'une jeunesse oubliée dans les séquences, mellotrons et synthé des années 70.

Streams débute avec des accords de piano et de clavier qui résonnent doucement dans un néant onirique. Des accords solitaires qui flânent et défilent comme des étoiles sonores sous les airs d'un doux mellotron flûté. Une intro de rêverie dans une faune d'arpèges scintillants qui dansent et sautillent délicatement autour d'un mellotron et d'un synthé qui étalent brume, flûtes oniriques et solos torsadés dans une intro où la douceur poétique se dissipe peu à peu pour faire place à ces séquences nerveuses et ondulantes qui dessinent une rythmique que l'on reconnait que trop bien en Ricochet. Streams défile alors sur des échantillonnages de The Call et de Ricochet avec des synthés symphoniques qui font duel à une guitare sous un fond sonore onirique où les accords de clavier scintillent comme des prismes sonores qui ne ternissent jamais. Hashra Simpel clôture ce Tangerine Fest avec un étrange blues cosmique à la Ashra Tempel où la guitare de Michael Daniel dépose de délicats solos sous une ligne de basse séquencée, des cymbales feutrées et de discrets accords de piano.

Oui POLLARD DANIEL BOOTH Vol. IV est un bel album pour les aficionados de MÉ des années 70. Un album empreint d'une tendresse nostalgique et d'une fureur rythmique qui sort tout droit des territoires de Tangerine Dream. Alpha Primitives et Streams sont deux colosses musicaux qui s'écoutent en boucle et qui nous fait dire…Ah…si TD m'était raconté, ça se ferait par nul autre que Pollard Daniel Booth.

Sylvain Lupari (03/01/11) *****

SynthSequences.com

Disponible au Pollard Daniel Booth Bandcamp

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