• Sylvain Lupari

REDSHIFT: RW2 (2006) (FR)

RW2 est un Redshift de première classe que tout fan devrait avoir

1 Fuel 19:36

2 State II 7:55

3 Prime 11:29

4 Iron Heart 12:06

5 Heaven is a Turquoise Avenger 17:44

Distant Sun DS007

(DDL 68:52)

(England & Berlin School)

Dans la foulée de Toll, Redshift produit un cd bonbon pour ses fans. Suivant le principe du premier Wild, RW2 contient des titres inédits enregistrés lors de répétitions de concerts. Des titres que l'on connaît, car certains ont servis de structures à des titres du répertoire actuel de Redshift. Ce dernier recueil de retailles est un CD intense qui flirte avec près de 70 minutes et qui retrace les premiers pas de Redshift. Aussi loin que 1996 mais qui n'est pas défraichie par les aléas du temps.

Fuel est une version de Quenzer, un titre de Faultline, en répétition. Cette version est un peu différente en raison de la quasi-totale absence des guitares. Aussi plus long, il explore un peu plus les mouvements ambulatoires avec la légendaire pesanteur de Redshift. Son intro est nourrie de notes éparses qui flottent autour de striures de guitares stridentes, imageant un champs de ruines industriel. Une pulsation hésitante en ressort et est nappée de mouvements spiralés qui forment un léger tourbillon, ouvrant la voie à une séquence pulsatoire bercée d'un bon mellotron flottant. Subtilement, le mouvement augmente la cadence sur des effets sonores qui sonnent comme d'étranges percussions, avant de refroidir son rythme. Et ainsi ira Fuel; une structure polyrythmique aux effets sonores bigarrés, aux explosions de synthé lourd, aux notes incisives et sur un séquenceur aux mouvements mordants. Les 2 versions se valent. J'aime bien celle-ci, car les couloirs musicaux sont plus nombreux et plus tortueux, mais le démentiel solo de guitare de Rob Jenkins sur Quenzer me manque. Strate 2 est le prototype de Static sur Ether. Et j'aime mieux cette version où les pulsations sont plus accélérées dans un univers sonore plus dense, pesant. Les striures synthétisées sont menaçantes et enveloppantes, créant tout un contraste avec Static qui a l'air plus anémique une fois qu'on entend cette version.

Prime est la première pièce que Redshift ait enregistrée en 1996. L'ouverture de ce titre atmosphérique est remplie d'effets sonores et de nappes de synthé lugubres, créant une ambiance lourde et menaçante. Le mouvement s'anime sur une séquence basse et circulaire enveloppée d'un mellotron aux chœurs lourds qui virevoltent avec intimidation. Sur des lignes de synthé acérées, le rythme dévie et emprunte une superbe route séquencée qui ondule à travers un tintamarre industriel où le mellotron est tout à fait divin avec son souffle céleste. Après avoir emprunté un autre couloir musical, plus tempéré, Prime s'éteint dans des souffles mellotronnés qui nous désolent de savoir que c'est déjà la fin. Iron Heart est un autre titre inédit, et un superbe à part ça! Le rythme est lent. Il progresse sur des notes pesantes qui bourdonnent d'intensité parmi des effets sonores et des stries aux saveurs intrigantes, comme une procession sortant des ténèbres. Mou le rythme se colle aux cymbales et aux mouvements qui dodelinent avec candeur sur un fond toujours menaçant. Innocence versus perversité, sur des passages langoureux, martelés de percussions tranchantes et de stries intimidantes qui survolent un mouvement migratoire aux profondeurs obscures. Heaven is a Turquoise Avenger est un cadeau aux fans de Redshift. Troisième tentative lors des répétitions en vue du concert de Jodrell Bank en 1996, le titre nous est délivré avec les imperfections techniques des répétitions. Disons que ça coule bien dans ces ambiances aux effets sonores hétéroclites de Redshift. C'est un titre lourd qui a servi de structure à Bombers in the Desert, l'un de mes titres préférés dans le répertoire de Redshift, et qui respecte ces structures avec des couloirs différents où les ambiances mellotronnées croisent les lourdeurs des séquences puissantes et survoltées qui explosent sur le gros Moog de Mark Shreeve.

RW2 est un superbe cadeau que tous les fans de Redshift devraient se payer. C'est du Redshift premier cru, avec toute la lourdeur de ses mouvements migratoires qui sont parfumés de poussières métalliques, refondant les tympans d'une puissance étonnante et d'écoute en écoute. À se procurer!

Sylvain Lupari (30/10/06) *****

SynthSequences.com

Disponible au Redshift Bandcamp

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