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  • Writer's pictureSylvain Lupari

Robert Schroeder Into the Light (2023) (FR)

Un très bel album en rythmes où Schroeder vogue sur les textures de ses 5 précédents albums

2. Transition to Freedom 5:44

3 Traffic Beach 10:43

4 Out of the Dark 7:22

5 The Sense of Dreamin' 6:20

6 Enlightment 6:36

7 Solar Flares 8:08

(CD 57:17)

(Berlin School)

On doit s'émerveiller devant ce feu de créativité qui anime constamment Robert Schroeder depuis son immortel Harmonic Ascendant en 1979. Certes, il y a eu une période de retrait entre les albums Everdreams en 94 et Brainchips en 2005, mais depuis, le synthésiste-ingénieur-musicien de 68 ans, il est né le 20 mai 55, aligne des albums à un rythme annuel assez ponctuel. INTO THE LIGHT est un 44ième album, si on inclut les DM.O et Flavour of the Past, qui n'est pas vraiment une compilation. M'enfin! Au fil des ans, le magicien des synthés de Aachen réussit à voguer entre ses styles les plus pertinents, soit la Berlin School et le Groove électronique tissé dans les limites de la EDM et/ou IDM. Dans un album-concept élaborant la musique sur le processus d'éveil qui culmine dans l'illumination de la septième étape de la vie, Robert Schroeder mélange à merveille ces structures de Groove et de fiestas caraïbéennes à la Double Fantasy, l'ancêtre de Food for Fantasy, et ce néo Berlin School unique à son esthétisme créatif et musical. Pour les fans du genre, Robert opte plus pour le Berlin School dans cet album. L'album présente 7 structures aux introductions et aux finales remplies de cette faune de tonalités bigarrées. Des structures toujours évolutives, peu importe la durée, et toujours secouées par ces explosions de percussions typiques à l'univers Schroeder. On y entend de superbes solos et de belles lignes mélodieuses sur des structures de rythme tantôt méditatives et tantôt bien vivantes. Bref, du très bon Robert Schroeder!

Nos oreilles sautent sans hésitation dans les filandres de Into the Light! Son ouverture est bigarrée par des ombres réverbérantes qui se meuvent comme des remous sonores et des lames de synthé aux criantes couleurs du désespoir. Une ombre du mellotron s'abat, laissant flotter une nuage de voix absentes. C'est de là que prend naissance un chant de synthé. Ses harmonies aériennes survolent un rythme ambiant conçu sur la progression de la basse qui semble issue de cette masse réverbérante de l'ouverture. Le mouvement est sournois et progresse dans cet univers de tonalités uniques aux expérimentations de Schroeder, de même que sous des vapeurs de mellotron et de ces voix qui flottent entre un univers chtonien et céleste. On y entend même la lente agonie d'un violoncelle. Cette lente ouverture plus ou moins atmosphérique, s'étire sur une distance de plus ou moins 7 minutes, moment où une voix rêveuse émerge et où les percussions bousculent les ambiances. De nature caribéennes et reggaes, elles structurent un rythme légèrement chaotique qui peu à peu se redéfini, l'espace d'un bref instant, en un up-tempo spasmodique typique des années 80. Hormis ces filaments multicolores qui se torde d'alacrité, le synthé lance des solos mélodieux alors que le mellotron lance des nuages de voix absentes. Comme dans toutes les œuvres de Schroeder, il faut apprécier les bruits et les effets électroniques soutirés à la modernité, à la mise à jour des instruments qu'il développe. Ils sont au cœur des charmes de ce titre qui se termine dans une phase plutôt atmosphérique. C'est à partir d'un meuglement industriel et des échantillonnages de voix que le rythme circadien, 3 battements résonnant comme des ventouses, de Transition to Freedom hypnotise nos sens. Le synthé libère de majestueux solos de synthé, dont certains donnent des frissons tant ils sont émotifs, alors que tranquillement le rythme permute vers une structure plus mouvante. Un genre de marche alanguie et sournoise, un peu plus rapide que dans la pièce-titre, qui est embellie par cette avalanche de solos romantiques et par cette chorale de voix absentes qui domine toujours le cercle séraphique des ambiances du titre et de l'album en général.

Des échantillonnages d'une rue animée par des citadins et son trafic, d'une mer en éveil et de ses sternes affamés sont à l'origine de Traffic Beach. Les percussions tambourinent déjà une structure plus vivante ici que dans les 2 premiers titres de INTO THE LIGHT. Le clavier dissémine ces accords graves et gras qui rampent dans le décor et mugissent avec des élans de groove cosmique sur une structure entraînante. La ligne de basse apporte son soutien rythmique. Idem pour le mellotron qui lance des vapeurs de brume orchestrale et de voix de sirènes des cieux, et surtout des arrangements typiques à la musique de danse. Tout est en place pour que le séquenceur délie une ligne de séquences lourdes dont le flux saccadé et stroboscopique d'un bon rock électronique s'harmonise avec des arpèges limpides qui virevoltent librement. D'autres arpèges, frappés comme sur une enclume, apportent une dosage plus émotif avec des tonalités pointues qui tintent en symbiose avec la progression rythmique. Mélodieux et bien en rythme, Traffic Beach est intercepté par de courtes phases atmosphériques pour finalement glisser vers une phase plus cosmique après la 6ième minute. Une ligne de basses séquences en émerge. Son lent galop astral progresse sans fureur sous un subtil mélange d'harmonies mélancoliques et de voix chtoniennes. Un excellent titre! Out of the Dark est un très bon rock électronique bien pilonné par les battements minimalistes du séquenceur. Des effets percussifs organiques et des modulations dans le rythme, notables en seconde partie du titre, font partie de son charme hypnotisant. Les solos de synthé sont superbes et le mellotron est toujours divin avec ces nappes chtoniennes unique à style du magicien de Aachen. Construit sur des percussions roulant comme des tonnerres cadencés et des rythmes tribaux caraïbéens, sur le mouvement sensuel et groove de la basse, ainsi que le papillonnement statique et les élans spasmodiques du séquenceur, The Sense of Dreamin' propose une autre texture de rock électronique aussi savoureuse que très entrainante. Le mellotron y est maître des ambiances avec des nappes de voix brumeuses assez harmonieuses. Intéressant par certains éléments de sa faune tonale, et sa finale sur une teinte d'harmonie à la Halloween, Enlightment est le seul titre purement atmosphérique de cet album qui se conclut avec Solar Flares, un superbe rock électronique qui se conclut sur des solos de synthé très aériens.

C'est immanquable! Chaque fois que je termine la découverte d'un nouvel album de Robert Schroeder, je me dis que c'est son meilleur depuis une couple d'années. La mémoire étant une faculté qui oublie, j'oublie effectivement comment était excellent C'est Magique, de même que toutes ces subtilités qui donnaient de la profondeur à des albums comme Space of Dreams ou Pyroclast. Des œuvres de grandes qualités qui fusionnaient à merveille son style dance music et son approche très technique du néo Berlin School. C'est dans ces eaux que navigue INTO THE LIGHT. Sans doute plus près des racines du Berlin School que son style de dance music, ou encore de Groove cosmique, ce dernier album de Schroeder vogue allègrement sur les textures de ses 5 précédents albums. Même si la musique respire très bien sur des haut-parleurs, elle respire encore mieux avec une bonne paire d'écouteurs! Ce faisant, on dérive les oreilles grandes ouvertes entre deux visions qui se complètent dans une floraison tonale qui ouvre encore plus les portes de notre perception. Oui on doit s'émerveiller, car Robert Schroeder est comme le bon vin…

Sylvain Lupari (20/09/23) ****¼*

Disponible chez Spheric Music, Groove nl & CD Baby

(NB: Les textes en bleu sont des liens sur lesquels vous pouvez cliquer)

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