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  • Sylvain Lupari

TANGERINE DREAM: The Park is Mine (1991) (FR)

“Cette trame sonore pour le moins explosive est probablement le dernier des grands albums de Tangerine Dream”

1 The Park Is Mine Main Title 1:16 2 Fatal Fall/Funeral 2:16 3 The Letter (Parts One & Two) 5:18 4 Taking The Park (Parts One & Two) 8:28 5 Swatting S.W.A.T. 7:23 6 Love Theme 3:23 7 The Helicopter Attack 4:40 8 Morning 1:20 9 We're Running Out of Time 1:01 10 The Claymore Mine/Stalking 5:22 11 The Final Confrontation/The Park Is Yours! 3:34 12 Finale/End Credits 6:19

Silva Screen SIL 5080-2 (CD 50:20) (Explosive sequencer-based E-Rock)

Initialement composée et enregistrée en 1985, la musique de THE PARK IS MINE est lourde et fortement inspirée des torrents rythmiques qui animaient Poland et The Keep. Sans doute le dernier vestige d'un groupe en transition, cette bande sonore est un véritable fouillis de petits chefs-d'œuvres qui soulignent tant bien que mal l'apogée d'un grand groupe. Tout d'abord Chris Franke et sa structure rythmique; THE PARK IS MINE est lourd. Très lourd, et dès les premières séquences qui roulent à train d'enfer sur The Park Is Mine Main Title on plonge dans la période Poland, The Keep et Near Dark. Cet album semble être celui de Franke avec une structure rythmique très lourde, arrimée à de pesantes et intrigantes pulsations et des séquences qui driblent et surdimensionnent des tempos arrosés par les approches mélodieuses de Schmoelling ainsi que les riffs et élans de Froese à la guitare. Un peu comme sur Near Dark et beaucoup comme sur The Keep, les ambiances sont ténébreuses à la grandeur du jeu de Tommy Lee Jones qui incarne un soldat très fragilisé. Si les titres courts nous mettent dans des ambiances de rock électronique avec des directions hybrides où le rythme côtoie de douces harmonies, les longs titres sont finement fignolés. The Letter (Parts One & Two) est une superbe mélodie oubliée dans les sessions de Le Parc, mais avec un côté sombre qui lie l'univers ténébreux de Legend à celui plus noir et fortement gothique de The Keep. Derrière ce canevas cauchemardesque se cache une superbe mélodie tirée du mellotron qui est et une trouvaille dans le répertoire du Dream. Lourd riffs de guitares mordants, séquenceurs avec des ions hyperactifs et une approche rock décapante Taking The Park (Parts One & Two) est subdivisé par de multiples approches rythmiques, un peu comme s'il y avait plusieurs titres. Mais l'approche du séquenceur est très belle avec des billes de rythme qui se dédoublent et forgent un tempo surréel sur les vapes d'une guitare criante de Froese et les frappes de Franke à la batterie. Le tout est finement arrosé des beaux accords de clavier de Schmoelling.

Un gros titre qui étonne de par sa diversité dans le rythme tout comme le très bon The Helicopter Attack qui nous plonge dans l'ultime univers des séquences de Franke. Des séquences à perte d'oreilles qui s'entrecroisent et se subdivisent, créant l'unique sonorité de TD des années 80. Rythme indécis sur percussions lourdes et strates caustiques, Swatting S.W.A.T. nage en plein dans les mystères de The Keep et Near Dark avec une approche très pré-TD (genre The One et Froese) avec sa guitare psychédélique qui est confronté aux lourdeurs et vapeurs technologiques d'aujourd’hui. Sombre et sans rythme précis, on a l'impression que le tout va nous péter dans la figure, exactement comme la paranoïa croissante de TL Jones. THE PARK IS MINE n'est pas juste une histoire de séquences qui s'entrechoquent et entrecroisent leurs parcours rythmiques afin de créer des tempos multidirectionnels. Il y a des moments doux et très mélodieux comme Love Theme, le court Morning et le très beau Finale/End Credits qui est précédé d'une intro rythmique mielleuse. Mais la force de l'album réside dans ses rythmes lourds aux dénouements imprévisibles qui sont tissés dans des ambiances sombres frisant une douce folie progressive comme sur The Claymore Mine/Stalking et The Final Confrontation/The Park Is Yours! qui décrivent fort bien l'atmosphère de confrontation et de suspense sur de bons rythmes et des envolées de synthé qui se fondent dans un écho artificiel à la Poland. Grandiose!

En ce qui me concerne, THE PARK IS MINE est une trouvaille et un album oublié dans ce torrent d'inepties que le Dream pondait dans les années 90. Un album lourd et entouré d'une aura de mystère qui a autant sa place que The Keep, Legend et Near Dark dans la discographie des bandes sonores du mythique trio Allemand. Du grand Tangerine Dream et du grand Chris Franke qui a du s'ennuyer à mourir après le départ de Schmoelling. Le seul qui savait vraiment comment anoblir, du fait de son sens de la mélodie, les visions rythmiques du percussionniste Allemand!

Sylvain Lupari (28/03/17) *****

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