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  • Sylvain Lupari

D'VOXX: Télégraphe (2019) (FR)

Updated: Feb 12

“L'art de la créativité à son sommet!”

1 Opera 5:37 2 Akalla Norr 8:15 3 Télégraphe 5:59 4 Aotou 6:50 5 Tempelhof 5:39 6 Akalla Söder 9:00 7 Dinamo 6:27 8 Skalka 6:28 9 Terminus 1:47

DiN58

(CD/DDL 55:59)

(Art for ears, Berlin School, Electronica)

Pour plusieurs personnes, dont moi, la MÉ créée de toutes pièces par les synthés modulaires était l'apanage de musique expérimentale, voire abstraite. Les approches ont évolué au fil du temps, notamment dans les premiers albums de Tangerine Dream qui révolutionnait le genre avec la maitrise de Chris Franke ainsi que de Mark Shreeve pour Redshift et Arc. Mais plus souvent qu'autrement, l'utilisation de synthétiseurs modulaires était synonyme de visions expérimentales. Le label DiN tente de démocratiser le genre avec des albums tel que Tone Science Module 1 et 2, Submission Vol. 1 et 2, ainsi qu'avec des artistes aussi avant-gardistes comme Bluetech, Lyonel Bauchet, Mazmoneth, Arc et Ian Boddy lui-même. Il faut ajouter à cette liste d'Voxx, un duo composé Paul Borg et Nino Auricchio. Ces deux musiciens possèdent une remarquable feuille de route qui leur ont donné prestige et renommée dans le milieu, et ce dans différentes sphères de productions musicales. Depuis 3 ans, ils parcourent différents évènements à caractère sonore et musical, puisque la musique est avant tout de l'art pour les oreilles, et maints festivals où ils ont performé les grandes lignes de TÉLÉGRAPHE. Proposé autant en CD manufacturé, au nombre de 1000 exemplaires, ainsi qu'en format téléchargeable, la musique possède un cachet post-apocalyptique avec comme thème des gares autour de l'Europe. Chaque titre représente une gare avec des introductions et des finales noyées dans les effets sonores inhérents à ces stations et aux fonctionnements des wagons. TÉLÉGRAPHE visite 9 gares sur une distance de 56 minutes entièrement réalisées à partir de synthés modulaires et contrairement à ce que j'ai lu, nous sommes très loin du style ambiant.

Sise à Paris, Opera débute avec les effets sonores d'un train rentrant à la gare. On y entend les brouhahas et les pas de piétons, des froissements et une voix dans un haut-parleur. On y entend surtout une ligne oscillatrice étaler ses charmes avec une mélodie roucoulant dans des boucles répétitives. Des claquements de percussions dictent un rythme rapide dont la principale source est cette ligne qui roucoule avec des petites nuances dans l'appât de ses charmes. Hormis cette structure de rythme et sa mélodie tisseuse de ver-d'oreille, la faune sonore respire de tonalités très hétéroclites, uniques aux charmes de la musique des synthés modulaires. Nous arrivons à Akalla Norr et son ver oscillant comme un serpent d'eau qui ondule plus vite que les yeux. Des effets percussifs nourrissent ces figures de huit rotatif dans une valse oscillatoire qui accepte encore plus de percussions. La course prend une tangente plus accentuée d'où se dégage une faune percussive et des boucles de synthés qui dansent en symbiose avec cette structure de rythme trop rapide pour danser, à moins d'effectuer des redressements comme un génie sortant et rentrant dans sa bouteille en accéléré. Profitant bien de ses 8 minutes, Akalla Norr continu d'injecter des effets spasmodiques qui vont en intensifiant un parcours se terminant dans une phase d'éléments d'ambiances. La pièce-titre propose un gros Électronica tapageur comme au début des hits électroniques, genre Zoolook ou encore Herbie Hancock avec Rockit. L'analogie paraît peut-être boiteuse mais sert juste à expliquer la nature des rythme vifs et saccadés dans TÉLÉGRAPHE. Aotou est moins spasmodique avec une rondeur plus fluide qui incite les neurones à danser. Il y a de bons effets sonores, ici comme ailleurs, qui donnent une incroyable dimension tonale à l'album. Tempelhof propose un beau synth-pop expérimental et mélodieux alors que Akalla Söder propose une panoplie de lignes oscillatoires qui vont et viennent dans la structure la moins énergique de l'album. Dinamo reprend les guides rythmiques avec un solide Électronica très acide. Les percussions jouent de la castagnette affamée et roulent à un débit surexcité sur des battements stoïques et une ligne de basse aux vibrations magnétisantes. La mélodie sphéroïdale est hypnotique et oscille avec une faim inassouvie pour des cercles rapides et répétitifs. C'est lourd, pesant et énergique. Et ça change de peau! Toujours dans une jungle d'effets sonores des plus créatifs, Skalka propose un Électronica modéré, comme un hip-hop contagieux pour les oreilles. Terminus conclut TÉLÉGRAPHE comme il se doit! Soit une période de repos avant de reprendre les rails d'un album créatif qui met nos oreilles constamment au défi. Et non, ce n'est pas de la musique ambiante. Seulement de la musique avec des rythmes imprenables pour les pieds et les jambes, à moins d'être une star de break dancing ou un chorégraphe hyperactif qui n'a pas peur des défis.

Sylvain Lupari (09/03/19) *****

SynthSequences.com

Disponible au DiN Bandcamp

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© 2019 by Alexandre Corbin for Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari

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