• Sylvain Lupari

VARIOUS ARTISTS: 6 Years B​-​Wave Festival (2020) (FR)

3 heures de MÉ, pour la plupart inédites, avec 22 artistes différents qui flirtent avec les diverses orientations liées par le Berlin School, un must!

1 B-Wave Yourself ! (RMI) 6:40

2 Light Arrows Two (Age) 4:35

3 Memento (E.Wøllo) 6:43

4 Stata (I. Boddy) 7:40

5 Conversie Van De Geest (Onsturicheit) 8:27

6 Rayna (Alienna) 5:11

7 Viral Thoughts (Sensory++) 7:28

8 Q (M.Stearns) 5:49

9 Les Baladins du Vide (Lightwave) 12:32

10 Vertigo (Aerodyn) 8:14

11 Marcel Proust 2020 (Nothing But

Noise) 7:08

12 Eson (Xyrion) 8:14

13 Timeless Trip (Space Megalithe) 17:18

14 First Appearance (The Roswell Incident) 9:03

15 Nebula (Owann) 6:32

16 Belgische Pralinen (BK&S) 11:25

17 Midnight Forest (Nattefrost) 8:19

18 Belgian Rehearsal (Kontroll Raum) 12:19

19 Sequantor (Lounasan) 10:11

20 The Tree (The Tower Tree) 9:39

21 Mellowya (Jovica Storer) 5:48

22 Neumann Etude (Spyra featuring Roksana) 7:46

Art For Ears Music

(DDL 2:54:39)

(Progressive Berlin School)

Eh qu'il y a de l'excellente musique électronique dans cette immense compilation offerte par l'équipe de Art For Ears. Depuis quelques années, je ne cesse de vous parler de cette nouvelle émergence de la musique électronique en Belgique, eh bien voici le résultat des courses quelques 8 ans plus loin. C'est en Décembre 2013 que se tenait le tout premier festival B Wave au Cultuur Centrum Muze. Ian Boddy, Age, The Roswell Incident et Nisus étaient les invités. C'était un deuxième souffle pour la MÉ Belge qui n'avait pas eu de tel festival depuis 20 ans. Ce premier B Wave allait devenir précurseur de cette seconde vague d'artistes émergents, tandis que le label de Ron Boots proposait à sa clientèle les premiers artistes du style avec la réédition d'albums Walter Christian Rothe, Age et Patrick Kosmos. Quel artiste que ce dernier! Mais revenons à cette deuxième vague et ses nouveaux artistes. Depuis 2013, il y a eu 6 festivals. Et tous les artistes de cette compilation de 3 heures de MÉ pure y ont participé. Tristement, celui de 2019 a dû être annulé en raison de la faible vente des billets. La vente de cette compilation, disponible uniquement en téléchargement sur le site Bandcamp de Art For Ears, servira à aider le financement de cette organisation à but non lucratif qui aide à promouvoir la MÉ fait en Belgique; la Belgian School. Parallèlement, les organisatdeurs produisent aussi la série Ambien Nation. Vous vous rappelez de ce Ambient Nation Vol. 5? Un coffret triple-CD qui proposait aussi plus de 3:30 heures de MÉ Belge? Eh bien comme pour cette compilation, il y a de tout dans 6 X B-WAVE FESTIVAL.

Cette longue odyssée musicale débute avec Radio Massacre International et B-Wave Yourself! Ça faisait un bail que je n'avais pas entendu la musique de RMI. Et le trio Anglais n'a pas vraiment changé son son, ni son approche qui consiste à produire de la MÉ improvisée lors de sessions et/ou de concert. Le rythme est vif et alerte. L'ossature grouillante du séquenceur reste cependant en une zone neutre. Des bang-bang percussifs et la guitare de Gary Houghton errent derrière ce convoyeur rythmique stationnaire et dont le palpitant rythme nerveux ne décollera pas. Les ambiances restent dans cet esprit des années Encore de Tangerine Dream. Age a refait surface avec la réédition de Landscapes en 2018 et Light Arrows Two est du même moule que le très bon Lost in Silence où l'on retrouve justement la première partie de ce titre qui est un bon Berlin School avec un rythme mélodieux où se greffent les chants spectraux de synthé pleurnicheur. Si vous aimez le Berlin School, cette compilation à de quoi satisfaire votre gourmandise en élargissant les cadres de ce genre qui fait conventionnel ici. D'entrée de jeu, je pense à Marcel Proust 2020 de Nothing But Noise. Une solide interprétation d'un titre totalement déjanté provenant de l'album Not Bleeding Red en 2012. Je ne connais absolument pas Xyrion mais je peux écrire que ce Eson est un joyau de la Belgian School avec gros séquenceur et une touche progressive tout simplement jouissive. Sequantor de Lounasan est un autre titre qui embrasse la Berlin School avec son rythme progressif. Le séquenceur tisse une ligne spasmodique que le musicien orne de bons effets et de bouts de mélodies pigées dans un sac à surprises. Mais les solos de synthé sur ce titre, qui fait très Tangerine Dream des années Hyperborea, sont époustouflants. On continue pour le côté Berlin School! Après un long passage méditatif-cosmique, Timeless Trip de Space Megalithe se développe en bon Berlin School vintage avec une belle utilisation du Mellotron sur une structure de rythme ascendante. Du côté Mellotron, The Roswell Incident est une valeur sure et First Appearance s'inscrit dans le genre Berlin School cosmique propre à l'étiquette des frères Koen et Jan Buytaert.

Parlons des gros noms connus d'une plus large audience.

Erik Wollow propose un rythme délicatement sculpté à travers les effets de carillons d'un xylophone en verre. La mélodie rythmée est plus déroutante lorsque les larmes de guitare l'effleurent pour créer un crescendo latent qui se termine dans la fureur d'un gros rock cosmique électronique. Un vrai bon titre que ce Memento! Ian Boddy propose des ombres chinoises qui copulent avec imagination dans Strata. Sensory++ nous plonge dans un univers futuriste qui fait très Blade Runner avec les nappes de saxophone dans Viral Thoughts. Michael Stearns nous balance une puissante transe tribale avec Q. Tout à fait renversant! Eh que j'aurais aimé ça assister à son spectacle…Owann est égal à lui-même en offrant un rythme ambiant inondé de grosses strates angéliques. Nebula est le genre de mélodie morphique qui accompagnera mes nuits. Égaux à eux-mêmes sont aussi Broekhuis, Keller & Schonwalder avec le rythme croissant de Belgische Pralinen. Incroyable tout de même de constater que ce trio Berlinois continue à nous sortir des palettes de sons jusqu'alors inédits. Un très bon Space Groove avec de bons éléments percussifs et des solos de synthé chantant comme les ondes Martenot dans une tentative de communication avec les extra-terrestres. Un solide titre sur cette compilation! Un dérivé de BK&S est Kontroll Raum avec un Belgian Rehearsal qui nous plonge dans les premières années de Keller & Schönwälder. Spyra clôture cette incroyable compilation avec les parfums connus de l'album InSPYRAtion. La voix de Roksana est tellement plus près de Lisa Gerrard dans ce titre. J'allais oublié le très bon Midnight Forest de Nattefrost. Si on avait un single-hit à sortir de cette compilation, ça serait mon choix. Un excellent titre très accrocheur de Bjorn Jeppesen.

Maintenant les inconnus et les oubliés!

Onsturicheit est un habitué des compilations de Art For Ears. J'avais bien apprécié sa collaboration dans le splendide Sonic Emissions. Ici, c'est différent. La structure est ambiante-cosmique avec de belles nappes bourdonnantes et une étrange conversation avec un esprit. C'est de l’art modulaire…avec ces coups géniaux et ces phases toujours trop avant de son temps. Moi j'aime bien et les orchestrations cosmiques sont intenses. Alienna est un peu dans le genre modulaire plein d'interférences et de voix spectrales avec Rayna, un titre qui demande un lendemain et même plus. Vertigo de Aerodyn est un titre pas facile aussi. Mis à part les tintements sino-tibétains, il y a beaucoup d'interférences et de bruits organiques sur une structure de rythme ambiant, conçu pour faire danser les neurones. Sans la voix papale de je-ne-sais-qui, on dirait Demis Roussos, le titre se goberait plus facilement. Mais on commence à aimer dès la deuxième écoute. Donc, pas si mal! Et insérer juste avant Nothing But Noise, ça passe mieux 😊… Eson de Xyrion rayonne tout de suite après. J'avais déjà entendu la musique de Jovica Storer sur la compilation Ambient Nation Vol. 5. La première partie de Mellowya propose d'étranges grognements. Le titre évolue avec des nappes de synthé aux parfums d'orgue et des percussions qui structurent un rythme enfantin. Si c'est ordinaire, le titre évolue vers un bon Belgian School avec des ornements psychédéliques qui ceinturent un rythme stroboscopique ambiant.

Les oubliés dans le temps!

Ah Lightwave… ça fait des années, possiblement une 20taine que je n'avais pas entendu leur sonorité si spéciale. Après un deux minutes musicales, la vision cinématique du groupe refait surface. Une courte structure de rythme bat comme un train sur le boulevard de Les Baladins du Vide. Un paysage cosmique entre en contradiction avec un panorama d'ambiances mortuaires et une vision chtonienne ancrée dans les wooshh granuleux et une chorale Méphistophélique. C'est par pour tout le monde, mais Lightwave a connu un gros succès d'estime, donc pas payant, à la fin 70 début 80. À cause de la présence de Paul Haslinger qui a déjà joué pour vous savez qui 😊. Le tout dernier reste The Tower Tree qui nous a donné un album incroyable en 2015, Transposing. Le duo Belge interprète ici la pièce-d'ouverture de cet album The Tree.

Trois heures de musique électronique, pour la plupart inédite, avec 22 artistes différents qui flirtent avec les diverses orientations liées par le Berlin School, 6 X B-WAVE FESTIVAL est une compilation essentielle vendue à un prix d'ami et dont les profits serviront à remettre ce festival sur pied. Comment dire non à une telle invitation?

Sylvain Lupari (13/10/20) *****

SynthSequences.com

Disponible au Art For Ears Bandcamp

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